Source: Tibetan People's Uprising Movement 31/05/2008
"Quand les nuages s'écartent, on peut apercevoir le Tibet à l'horizon," disait le Vénérable Ngawang Woeber.
Après s'être plongé le visage dans la rivière à Banspatan, il dit en riant: "les moines n'ont pas besoin de savon, car ils se sont affranchis de toute vanité!". Deux heures plus tard, Ngawang Woeber était arrêté. Cet ancien prisonnier politique préside le Gu Chu Sum, une des cinq organisations coordonnant la grande "Marche du retour au Tibet", partie de Dharamshala le 10 mars.
Avec lui, 5 autres leaders de la Marche furent aussi arrêtés ce mardi et transférés hier après-midi à la prison de Haridwar. Les autres détenus sont Tsewang Rigzin, Président du Tibetan Youth Congress, B. Tsering, Présidente de Tibetan Women's
Association, Chime Youngdroung, Président du National Democratic Party of Tibet, Tenzin Choeying, Directeur National de Students for a Free Tibet India, et Lobsang Yeshi, Coordinateur de la ‘Marche du retour au Tibet'.
Ces derniers jours ont été intenses et pénibles pour les marcheurs. Peu après l'arrestation des leaders de la Marche ce mardi, la police confisqua leurs camions et limita fortement les allers et
venues sur le site, privant ainsi les marcheurs de nourriture et d'autres ravitaillements. Les marcheurs envisagent de ne plus prendre qu'un repas par jour pour pouvoir tenir tête plus longtemps.
Cette situation bloquée dura une heure environ, puis la police se retira. Hier la même situation se reproduisit. Aujourd'hui, un nouvel afflux de cars et de camions amena de nouveaux renforts de police, dont un car de femmes policiers.
Le soir, l'ambiance devint plus détendue. La plupart des moines et des nonnes tibétains semblent avoir une étonnante capacité à rester calme et joyeux même soumis à une forte pression. Ou peut-être est-ce parce que beaucoup de ces marcheurs sont nés au Tibet et qu'ils arrivèrent en Inde alors qu'ils étaient en fin d'adolescence ou tout juste adultes. Et il faut dire que les problèmes auxquels ils sont confrontés sur la Marche sont peu de chose par rapport à ce qu'ils ont subi au Tibet sous la domination chinoise.
La plupart des marcheurs et des volontaires ont pris le temps de respirer un peu dans la soirée, sauf une personne qui ne s'arrête jamais: Lobsang Army - ainsi surnommé en raison de son passé
militaire - est occupé à recoudre chaussure après chaussure sous une petite tente bleue. Il est le cordonnier officieux de la Marche. Quand il était à l'armée il avait appris à réparer les
chaussures - un savoir-faire qu'il avait perdu et qu'il a dû réapprendre après avoir réalisé que vingt kilomètres de marche chaque jour çà allait être une rude épreuve pour les chaussures.
A ce jour Lobsang a réparé environ 200 chaussures.
Il est presque sûr que la police va les arrêter à un moment ou un autre, mais le fait est que personne ne peut stopper ces marcheurs là. "Oui, c'est vrai que la police peut nous arrêter aujourd'hui, mais nous reprendrons la Marche demain," disait Tenzin Tsundue, un activiste leader de la jeunesse tibétaine, qui a beaucoup maigri depuis la dernière fois que je l'ai vu. "J'ai appris que des personnes sont parties de diverses régions de l'Inde pour se joindre à nous. Nous avons vraiment hâte de les voir. Plus on aura de monde avec nous, plus puissant sera notre message envers les Tibétains vivant au Tibet, ainsi que vers la Chine et le monde entier - nous nous sommes engagés à retourner au Tibet et nous n'abandonnerons jamais notre lutte pour la liberté et la justice."
Alors que les autorités chinoises redoublent d'ardeur pour que les Jeux Olympiques se passent en douceur, tentant de masquer la réalité de leur dictature au Tibet derrière un mur de silence et d'informations mensongères, le mouvement de ce groupe d'hommes et de femmes sans armes menace Pékin et sa propagande à grande échelle.
Ils sont une force non-violente entièrement dévouée à leur peuple, à leur nation et à la vérité. Ils refusent d'être réduits au silence au moment où partout dans le monde la Chine étend son emprise oppressante et manipulatrice. Leur périple vers le Nord - en traversant cette frontière que de si nombreux Tibétains ont franchi pour retrouver la liberté - démontre leur engagement.
Alors qu'ici la situation reste bloquée, les marcheurs appellent les Tibétains partout en Inde à les rejoindre par la pensée et physiquement. Ils demandent aussi le soutien de tous ceux qui dans le monde défendent les valeurs de liberté, de justice et de paix.
Visiter www.tibetanuprising.org pour suivre l'actualité de la Marche. Adresser un message d'encouragement aux Marcheurs Parlez-en à vos amis et dans votre famille. Ecrivez au rédacteur en chef de votre journal local. Et ayez toujours une pensée pour les marcheurs tibétains dans vos prières. Auteur: Tendor, écrivant de Nainital (Etat d'Uttaranchal, Inde).
de D.(Dharamsala)
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