Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 11:31
ROMANDIE

Le Cambodge a expulsé samedi vingt Ouïgours vers la Chine en dépit des mises en garde internationales. Ces Ouïgours, une ethnie musulmane et turcophone, avaient fui l'Empire du Milieu après les violences interethniques de l'été dernier.

Ces vingt personnes étaient entrées au Cambodge ces dernières semaines et avaient demandé l'asile au bureau du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) à Phnom Penh.

Ils ont été expulsés samedi soir, a déclaré un porte-parole du ministère cambodgien des affaires étrangères. "Nous avons appliqué la loi du pays en matière d'immigration. Ils sont venus au Cambodge illégalement", a-t-il dit.

Leur expulsion coïncide avec la visite du vice-président chinois Xi Jinping, qui devrait signer dimanche une série d'accords, notamment dans les infrastructures ou la finance. La Chine est le premier investisseur direct au Cambodge.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme se sont inquiétées du sort des Ouïgours expulsés, disant craindre pour la vie de ceux que Pékin a qualifié de "criminels".

Le HCR a condamné ces expulsions, dénonçant "une grave atteinte au droit international sur les réfugiés". L'ambassade américaine s'est pour sa part dit "profondément troublée" par la décision de Phnom Penh.

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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 10:31
François Fillon entend "donner de la vitesse" aux relations franco-chinoises, qui ont repris des couleurs depuis avril après des mois de brouille diplomatique, à l'occasion d'un voyage à Pékin de dimanche à mardi en guise de prologue à une visite prochaine de Nicolas Sarkozy.

Illustration de cette réconciliation, le Premier ministre ne rencontrera pas seulement son homologue Wen Jiabao mais aussi les deux autres hommes forts du pays: le président Hu Jintao et le président de l'Assemblée nationale Wu Bangguo.

"Il y a eu une période difficile de 12-15 mois", reconnaît-on à Matignon, après le passage chaotique de la flamme olympique à Paris à l'été 2008 et la rencontre en décembre de la même année entre le président français et le dalaï lama qui avait ulcéré Pékin.

Il faudra attendre une rencontre entre Nicolas Sarkozy et Hu Jintao en avril en marge du sommet du G20 à Londres pour que le climat s'apaise.

"Tout ceci est maintenant derrière nous. Les choses sont aplanies et la page est tournée", se réjouit-on à Paris. "La visite de François Fillon montre que la relation franco-chinoise est sur de bons rails et vise à lui donner de la vitesse", ajoute la même source.

"Nous avons besoin de la Chine qui joue désormais un rôle essentiel sur la scène économique internationale, pour trouver des solutions aux problèmes globaux auxquels le monde est confronté", s'exclame le Premier ministre dans une interview à l'agence chinoise Chine nouvelle.

Côté chinois, on se félicite du "bon élan du développement" bilatéral. C'est sur le terrain économique que la France veut concrétiser ce rabibochage. Une séquence importante sera consacrée lundi à "la coopération nucléaire", un "axe majeur du partenariat stratégique" que la France veut "gagnant-gagnant".

EDF et Areva signeront deux joint-ventures avec le chinois CGNPC pour lancer "la phase opérationnelle" de la construction à Taishan (sud de la Chine) de deux réacteurs EPR, fleuron de la technologie hexagonale.

Henri Proglio et Anne Lauvergeon, respectivement à la tête d'EDF et d'Areva, font partie de la délégation d'une vingtaine de chefs d'entreprises qui accompagnent le Premier ministre, également épaulé par quatre membres de son gouvernement dont Christine Lagarde (Economie).

Paris entend aussi avancer ses pions sur deux autres projets: une usine de retraitement de déchets nucléaires et la création d'un institut franco-chinois de formation nucléaire à Canton.

"Les Chinois ne sont pas chauds pour des contrats importants. Le voyage a plutôt une portée politique", analyse un politique français, fin connaisseur de la Chine. Le français Safran, associé à l'américain General Electric, devrait cependant emporter un succès de taille en décrochant l'équipement en moteurs du C919, futur concurrent chinois de l'Airbus A320 et du Boeing 737 à partir de 2016. Le contrat se chiffre "en milliards d'euros", a avancé Matignon.

"La Chine est pour nous la priorité", martèle-t-on à Paris qui espère conquérir de nouveaux marchés notamment dans la vente d'hélicoptères, "la croissance verte" (les éco-quartiers), la santé ou encore les télécommunications.

Car malgré ses 2.000 entreprises implantées dans l'empire du Milieu, la France n'en est que le 4e partenaire commercial européen.

Reste l'épineuse question des droits de l'Homme. François Fillon l'abordera-t-il? "Ce n'est pas un sujet tabou", réplique Matignon mais "c'est un sujet important parmi d'autres".

Après son Premier ministre, le président Nicolas Sarkozy est attendu à Shangai au printemps pour l'Exposition universelle avant d'accueiller à son tour Hu Jintao au "second semestre".

 

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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 15:06

Le Monde


Durant ces cinq derniers mois, Feng Zhenghu a essayé à huit reprises de retourner dans son pays.

ERIC RECHSTEINER POUR " LE MONDE "

 

Tokyo Correspondant

Pékin empêche depuis des mois Feng Zhenghu de rentrer à Shanghaï. Le militant des droits de l'homme s'est installé dans l'aéroport de Tokyo




La foule des passagers qui viennent de descendre des avions se dirige vers l'immigration. Longeant le mur du couloir d'arrivée, un homme marche en sens inverse, tournant le dos à la pancarte " Welcome to Japan ". Un voyageur qui a oublié quelque chose dans un avion ? Sur son tee-shirt des idéogrammes et des caractères latins expliquent sa présence nonchalante dans les salles d'arrivée de l'aile sud du terminal 1 de l'aéroport international de Narita à Tokyo : " Je suis chinois et je veux rentrer dans mon pays. " Formule quelque peu déconcertante.

Comme dans tous les aéroports du monde, il y a au Japon des passagers qui ne peuvent pas entrer, car leurs papiers ne sont pas en règle. Feng Zhenghu, lui, a un visa en bonne et due forme. Mais il ne veut pas entrer au Japon. Il veut retourner dans son pays, la Chine, dont il a le passeport (en cours de validité). Il habite Shanghaï et a une carte de résident. Mais la Chine le rejette. Et depuis le 4 novembre, il bivouaque sur une banquette devant les guichets de contrôle des passeports. Il est au Japon sans y être vraiment.

Au cours des cinq derniers mois, il a essayé à huit reprises de retourner en Chine : quatre fois, il a été refoulé à l'immigration. Quatre fois, des compagnies aériennes ont refusé de l'embarquer au risque de devoir le ramener au Japon. Il a déposé plainte contre Northwest Airlines et Air China pour avoir refusé de l'embarquer alors que ses papiers sont en règle. La dernière fois, le 4 novembre, il a été remis manu militari à Shanghaï dans un avion pour Tokyo et a décidé de ne pas entrer au Japon mais de rester dans ce no man's land entre la descente des avions et l'immigration.

" Je ne veux pas entrer au Japon. Je veux rentrer dans mon pays. Si j'entre au Japon, personne ne fera attention à ma situation : un Chinois qui n'a pas le droit de rentrer chez lui ", dit-il dans un japonais hésitant au cours d'une rencontre dans cette salle d'arrivée de l'aéroport où il est régulièrement interviewé par des journalistes étrangers et japonais. Il a récemment décliné une proposition d'assistance du Haut-Commissariat aux réfugiés pour lui permettre d'obtenir le statut de réfugié au Japon. " J'ai un pays et je ne demande pas le droit d'asile ", dit-il

Feng Zhenghu, 55 ans, est un homme de combat. Economiste, il a déjà fait trois ans de prison pour la publication en 2000 d'un livre sur les entreprises japonaises à Shanghaï qui avait déplu aux autorités et pour des " opérations économiques illégales ". Activiste, épinglé par la police pour avoir soutenu les contestataires de Tiananmen en 1989, il milite pour la démocratie et les droits de l'homme. Il avait été arrêté une nouvelle fois en février dernier. Pendant quarante jours sa famille a été sans nouvelles. Puis, il a été relâché à condition qu'il parte à l'étranger et ne revienne qu'après le 20e anniversaire du massacre le 4 juin. Il s'est donc rendu en avril au Japon, où habite sa soeur.

Mais quand il a voulu rentrer le 7 juin, il a été refoulé à l'aéroport de Shanghaï et remis dans un avion pour Tokyo. Il a compris qu'en fait les autorités l'avaient forcé à un exil permanent. Ce n'est pas le premier cas d'activistes chinois " bannis " de leur pays. La plupart acceptent leur sort et vivent à l'étranger. Feng Zhenghu, lui, a décidé de rester autant qu'il le faudra dans son " purgatoire diplomatique " à Narita.

" La dernière fois que je suis arrivé à l'aéroport de Pudong, à Shanghaï, j'ai argumenté avec l'immigration. L'agent n'a donné aucune raison pour son refus de me laisser entrer. Il a dit simplement : "J'ai des ordres de mes supérieurs." Quels supérieurs ? J'ai été remis dans le premier avion pour Tokyo. Sans la moindre base légale, les autorités refusent de me laisser rentrer parce je suis du côté de ceux qui sont victimes de l'arbitraire du pouvoir. " M. Feng milite en faveur des victimes des évictions forcées.

Les premiers jours, Feng Zhenghu n'avait que de l'eau des lavabos des toilettes publiques et des biscuits, raconte-t-il. Les salles d'arrivée d'un aéroport n'ont pas les boutiques hors taxes et les restaurants des salles de départ. Peu à peu, il s'est organisé et il est devenu une figure familière du terminal 1. Il a désormais un sac de couchage, et des passagers des quatre coins du monde ou des équipages, qui connaissent sa présence, lui apportent vivres, vêtements et objets de toilette. " Non, non, rien à manger, j'ai bien assez ! ", nous avait-il répondu lorsque nous avions pris rendez-vous. Une activiste de Hongkong a fait un aller et retour dans la journée pour lui apporter une semaine de vivres. " Bientôt on ne saura plus où les mettre ", dit un employé de l'aéroport.

Enjoué, M. Feng a l'air en bonne santé en dépit d'un régime alimentaire (biscuits, conserves, chocolat, nouilles instantanées) particulièrement peu équilibré. " Le plus pénible c'est qu'il n'y a pas de douche dans cette partie de l'aéroport ", poursuit-il. Seuls liens avec l'extérieur : son portable et son ordinateur. Sa journée est occupée : il écrit son blog en chinois (traduit en partie sur Twitter et Global Voices Online), envoie des messages, reçoit des appels téléphoniques, et répond aux questions des voyageurs. " C'est mieux qu'en prison où j'étais à l'isolement, dit-il dans un sourire. Le vice-président Xi Jinping a été reçu par l'empereur japonais tandis qu'un citoyen chinois se voit interdire de rentrer dans son pays. Et tout le monde trouve cela normal. "

Le personnel de l'aéroport est assez compréhensif, dit Feng Zhenghu, mais les autorités japonaises, elles, sont embarrassées. C'est une affaire chinoise qui a pour théâtre leur territoire. Elles n'ont jamais pensé que le têtu M. Feng tiendrait si longtemps. Le forcer à entrer au Japon est impossible. L'expulser aussi. " Perturber le travail des fonctionnaires " n'est pas un motif suffisant et surtout, il risque de revenir par le prochain avion... Son visa d'entrée au Japon est valide jusqu'en juin. Alors, son statut changera...

Philippe Pons

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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 11:14

Phayul [Vendredi, Décembre 18, 2009 20:55]
Par Kalsang Rinchen

Dharamsala, Décembre 18 -
Sept Tibétains viennent d'être libérés arrêtés après avoir été emprisonnés quelques semaines plus tôt pour avoir tenu une manifestation de protestation le 5 décembre. Ils demandaient la libération d'une haute personnalité religieuse tibétaine emprisonnée dans le comté de Nyagchuka au Tibet ont été libérés mardi, selon Voice of Tibet la radio tibétaine citant une source ayant des contacts dans cette région.
Tsering Dorjee, un Tibétain vivant en exil, a déclaré au service de radio que les sept Tibétains ont été sévèrement battus en détention et l'état de l'un d'eux est «extrêmement grave» . Présentant une blessure à la tête, il reçoit un traitement dans un hôpital du lieu-dit Gara (orthographié et ainsiprononcé). Ces sept compatriotes sont Tsering Sangpo, Jinpa, Lhamo Choedup, Tsagey Atha, Jamdrel et deux autres, a déclaré Dorjee.




Une vingtaine d'autres Tibétains sont toujours maintenus en détention à la suite des protestations qui avaient rassemblé quelques centaines de Tibétains des villages voisins de la région de Nyagchuka. Ils réclamaient la libération de Tenzin Delek Rinpoché Trulku, condamné à perpétuité et qui purge actuellement cette peine dans la prison de Mianyang dans le Sichuan.

Selon Dorjee, les Tibétains locaux soupçonnent les autorités d'avoir libérer les Tibétains arrêtés », en raison du fait qu'ils pourraient avoir été« gravement torturés et battus »et que leur état pourrait provoquer des représailles de la part des parents et des gens du pays.

Malgré cette libération de sept Tibétains, la situation dans le comté de Nyagchuka continue d'être tendue : les autorités continuent à déployer des forces armées paramilitaires et de police dans les zones touchées par les protestations vient de déclarer l'ONG ICT - Campagne Internationale pour le Tibet - dans un rapport citant des sources exil ayant des contacts dans la région .

Les Tibétains du Conté de Nyakchuka font valoir que Tenzin Delek Rinpoché a été emprisonné suite à une «fabriqué» du cas par les autorités et qu'il n'y a aucune preuve contre Rinpoché.

Les autorités auraient fait quelques concessions à la suite de demandes formulées par certains dirigeants locaux qui craignaient des protestations plus importantes de la part de bouddhistes Tibétains. Toutefois, selon ICT, il n'est pas possible de savoir si les autorités chinoises ont effectivement mis en oeuvre quelques concessions.

Une source citée par ICT a déclaré que depuis l'absence de Trulku Tenzin Delek Rinpoché(un lama réincarné vénéré par les bouddhistes du Tibet), force est de constater une augmentation du nombre de «voleurs, des fauteurs de troubles, des chasseurs et des alcooliques dans cette région» et que «il n'y avait rien que le gouvernement pourrait faire pour améliorer la situation "sauf à relâcher Rinpoché " .

Rinpoché était très populaire pour ses œuvres humanitaires, notamment la mise en place des écoles, des maisonsd'accueil pour les personnes âgées, et travaillait avec les responsables locaux pour protéger les forêts et était connu pour ses efforts pour préserver la culture tibétaine.

Le 2 Décembre 2002, la Cour populaire intermédiaire de Kardze dans la préfecture autonome tibétaine de Kardze, province du Sichuan, avait condamné Lobsang Dhondup, un parent de Tenzin Delek Rinpoché, à mort pour «incitation au séparatisme", "avoir provoqué des explosions» et «possession illégale d'armes et munitions ». Il a été exécuté le 26 Janvier 2003, malgré les protestations internationales.
Le même jour, Tenzin Delek Rinpoche a été condamné à mort avec un sursis de deux ans pour "avoir provoqué des explosions» et «incitation au séparatisme».
Tenzin Delek Rinpoché, dont le monastère est en zone nomade dénommée Othok, a vu sa peine commuée à la prison à vie en 2005.

source : www.phayul.com

Traduction France-Tibet , le 19 décembre
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 12:14

Mercredi 16 décembre 2009, par Communauté Tibétaine

 

Sur le rôle du Tibet dans la recherche de solutions au changement climatique

Nous aimerions insister auprès des participant(e)s de la prochaine conférence des Nations Unies sur le changement climatique de Copenhague sur l’attention sérieuse qu’il convient d’accorder au « troisième pôle », le Tibet, reconnu comme la troisième masse glaciaire de la planète après l’arctique et de l’antarctique. Nous sommes convaincus que les politiques menées dans un cadre multinational afin d’atténuer les causes et s’adapter aux effets du changement climatique doivent prendre en compte les défis du changement climatique au Tibet, et se doivent d’inclure la participation directe des Tibétains et en particulier celle des nomades.

Les 18-19 novembre derniers, les parlementaires de 30 pays différents se sont réunis à Rome pour participer à la 5ème Conférence parlementaire mondiale sur le Tibet. Les changements climatiques étaient un des thèmes majeurs des débats. La déclaration finale fait état des constatations suivantes :

« La dégradation de l’environnement sur le Plateau tibétain, dénommé le troisième pôle, est la conséquence du changement climatique causé par l’émission de gaz à effet de serre, la mauvaise gestion des ressources naturelles par le gouvernement chinois, les intérêts commerciaux, la relocalisation et la sédentarisation forcée des nomades tibétains qui les éloigne de leur cadre traditionnel de vie et de la gestion des prairies » ; et

« Les politiques chinoises visant à atténuer et à s’adapter aux effets du changement climatique sur le plateau tibétain concernent plus d’un milliard de personnes en Asie ; l’implication et l’expérience des Tibétains est nécessaire à la réussite de la mise en œuvre de politiques sur le changement climatique ».

De plus, la déclaration parlementaire demande :

« Aux gouvernements d’explorer les mécanismes multinationaux qui permettront de travailler de manière coordonnée sur les défis du changement climatique au Tibet, y compris grâce à la participation directe des Tibétains. À cette fin, les participants de cette conférence rédigeront et publieront une lettre ouverte exprimant le rôle crucial du Tibet en tant que troisième pôle et ce avant la tenue de la conférence des NU sur le changement climatique de Copenhague ».

Les effets du changement climatique sur le Tibet ont été bien démontrés. Les températures sur le plateau s’élèvent plus rapidement que dans les autres régions du globe. Les glaciers fondent, ce qui augmente l’exposition des roches et du sol ainsi que l’absorption des radiations solaires et accélère le réchauffement. En raison de variations du cycle de la mousson, une grande partie du Tibet s’assèche et se désertifie. Ces changements ont été amplifiés par les politiques du gouvernement chinois envers le mode de vie traditionnel et ancestral des populations nomades.

Le Tibet, considéré par la Chine comme son « premier réservoir d’eau », fournit de l’eau à une dizaine de nations situées en aval. La disparition des glaciers entrainera à long terme de graves pénuries en eau. Plus d’un milliard de personnes en Asie sont directement concernées par l’avenir des glaciers et des prairies du Tibet. Le peuple tibétain est le principal concerné par les conséquences de ces changements et doit être amené à jouer un rôle prépondérant dans la mise en œuvre de solutions.

Le Tibet occupe une place centrale dans la recherche d’une solution globale au changement climatique. En tant que principal source d’approvisionnement des rivières et d’eau de pluie de la mousson en Asie, les prairies du Tibet pourraient être amenées à jouer un rôle de ‘puits de carbone’ si elles étaient correctement gérées. Pour ces raisons, nous demandons aux négociateurs de la Conférence de réfléchir à des politiques qui tiennent compte des points suivants :

1. Mener des évaluations scientifiques internationales et indépendantes sur les changements de l’écosystème et des ressources en eau et sur les politiques d’utilisation des terres sur le plateau tibétain.

La participation de scientifiques, de protagonistes tibétains ainsi que des nations qui dépendent de l’eau du Tibet est nécessaire pour mener à bien un examen rigoureux des conditions sur le plateau. Ceci permettra de définir une approche équitable et durable en vu d’adapter et d’atténuer les effets du changement climatique dans la région et de restaurer un écosystème et une gestion des prairies et forêts sur base des résultats des recherches scientifiques.

2. Impliquer les Tibétains et surtout les nomades dans le processus décisionnel et dans la gestion des ressources naturelles.

Les nomades ont été les principaux gestionnaires des ressources du haut plateau depuis plusieurs millénaires. Leur expérience est essentielle non seulement pour la compréhension des modifications de l’écosystème mais également pour faire face aux menaces de la désertification et de l’érosion. Malheureusement les politiques du gouvernement chinois ignorent ces aspects sociaux et continuent de déloger les nomades de leurs prairies au nom d’une soi-disant tentative de réduction de la désertification. Des études prouvent au contraire que la gestion des prairies par les nomades eux-mêmes aide à restaurer les régions dégradées.

3. Encourager la coopération transfrontalière et l’implication des acteurs régionaux et locaux dans les processus décisionnels et dans la gestion des ressources hydrauliques du plateau.

Une telle coopération multinationale rendra plus efficace les politiques d’atténuation des effets du changement climatique et favorisera des stratégies d’adaptation équitable à même de réduire le risque de conflits liés à l’eau.

Autant le rôle de la Chine est essentiel dans la mise en œuvre de solutions globales contre le changement climatique, autant le rôle du Tibet est indispensable à la Chine pour la réussite de leur mise en œuvre.

Nous invitons les négociateurs à s’assurer que les stratégies développées pour lutter contre le changement climatique tiennent compte des Tibétains et en particulier des nomades.

Cette approche est essentielle pour comprendre, atténuer et s’adapter aux changements qui touchent les rivières, les forêts et les prairies du haut plateau dont dépendent plus d’un milliard de personnes pour garantir leur bien-être, et dont les pays voisins dépendent pour maintenir une sécurité et une stabilité régionales.


Au nom du Réseau parlementaire international sur le Tibet :

Matteo Mecacci, MP, President of the Parliamentary Intergroup on Tibet , Italy
Consiglio Di Nino, Co-Chairman, Parliamentary Friends of Tibet, Canadian Senate
Birgitta Jonsdottir, MP, President, The Parliamentary Intergroup on Tibet, Iceland
Peter Slipper, MP, All-Party Parliamentary Group for Tibet, Australian House of Representatives
Sanjoy Takem, MP, President, Parliamentary Intergroup on Tibet, India
Thomas Mann, MEP, President, Tibet Intergroup, EP
Penpa Tsering, MP, Chairman, Tibetan Parliament in-exile, India
Dolma Gyari, MP, Vice-Chairman, Tibetan Parliament in-exile, India
Lionnel Luca, MP, President, Study Group on Tibet, French National Assembly (Président du groupe d’étude sur le problème du Tibet à l’Assemblée National - France)
Patrick Bloche, MP Vice-President, Study Group on Tibet, French National Assembly
Dominique Tian, MP, Vice-President, Study Group on Tibet, French National Assembly
Mark Durkan, MP, UK
Norman Baker, MP, UK
Kent Olsson, MP, Chairman, The Swedish Parliamentary Group on Tibet
Xavier BAESELEN, MP, Belgium
Dalia Kuodyt, MP, Chairman, the Lithuanian Parliamentary Group on Tibet
Daniel Spagnou, MP, French National Assembly
Harry Cohen, MP, UK
Tim Loughton, MP, Shadow Minister for Children, UK
Lord David Steel, MP, UK
Isabelle Durant, MEP, Vice-President, EP
Sukhdev Sharma, The European Economic and Social Committee
Heidi Hautala, MEP, Vice- Chairman, Sub-Committee on Human Rights, EP
Eva Lichtenberger, MEP
Raul Romeva, MEP
Georges DALLEMAGNE, MP, Belgium
Mariko Peters, MP, The Netherlands
Villy Sovndal, MP, Denmark
Nathalie Griesbeck, MEP
Aleksei Lotman, MP, Chairman,The Estonian Parliamentary Group on Tibet
Beata Bublewicz, MP, Chairwoman, The Polish Parliamentary Group for Tibet
Jolanta Szczypinska, MP, Poland
Mike Pringle, MSP, Chairman,The Scottish Parliament’s Cross-Party Group on Tibet

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