Défense des droits de l'Homme et en particulier ceux du Peuple Tibétain
Les États-Unis doivent poursuivre une politique publique claire au Tibet, selon Ellen Bork Directeur
de l'organisation pour la démocratie et les droits de l'homme.
Au cours des dernières années, les politiques répressives de Pékin ont de plus en plus aliéné les Tibétains.
Une preuve en est l’insurrection et les émeutes à travers le Tibet durant mars 2008. Pourtant, Pékin a répondu
non pas en modérant ses politiques, mais en intensifiant la répression, le lancement d'une campagne d'éducation
«patriotique» et le ciblage des membres de l'élite instruite, dont beaucoup ont longtemps progressé et même prospéré dans le système communiste.
Parmi ceux-ci, il faut citerl'écrivain Tragyal associé depuis longtemps à la maison d'édition d'Etat,
et qui attend son procès sur des accusations de "séparatisme"; également Dorje Tashi, un homme d'affaires et propriétaire d'hôtel, qui a reçu une condamnation à perpétuité en juin pour avoir collaboré avec les groupes de défense des droits de l'homme à l'étranger.
Pékin a repris la même approche envers les critiques émanant de l'étranger sur son contrôle au Tibet,
une augmentation substantielle des enjeux en identifiant le Tibet comme un « intérêt vital».
Pékin a indiqué que si le reste du monde n’adopte pas une « vision correcte » du Tibet en évitant
toute opinion contraire à la ligne du Parti communiste, il y aurait des conséquences pour les relations
bilatérales et qu'il serait difficile pour la Chine de coopérer sur la reprise économique mondiale
ou sur toute autre question.
Washington a plié sous la pression. Le président Obama a refusé de fixer une rencontre avec le Dalaï-Lama
avant sa visite à Pékin en novembre 2009, bien qu'il ait parlé du Tibet lors de cette rencontre.
Par la suite, l'ambassadeur américain à Pékin, M. Jon Huntsman a adopté la ligne de Pékin, déclarant que la
rencontre du Président avec le Dalaï-Lama, et les récentes ventes d'armes américaines à Taïwan, avaient
«foulé au pied» certains des intérêts fondamentaux de la Chine." Ces actions ont des conséquences graves
pour le soutien des Etats-Unis pour le Tibet, pour les militants pour la liberté en Chine,le Dalaï Lama et son gouvernement démocratique en exil.
Souvent, quand les autorités chinoises présentent leur position sur le Tibet, les hauts fonctionnaires des États-Unis
cèdent sur le terrain de la liberté en ne disant rien publiquement. En effet, les mots "Tibet" ou "Dalaï Lama" ont
peu à peu disparu du vocabulaire de l'administration américaine.
Ains, les déclarations officielles de Washington au sujet du tremblement de terre de Yushu, en avril dernier,
une région qui est à 97% tibétain, ne font ni référence ni aux Tibétains ni au Tibet.
Le silence était encore plus troublant lors du Dialogue Economique Stratégique,
des entretiens majeurs entre les États-Unis et la Chine, qui s'est tenu à Pékin en mai dernier.
Lors d'une session conjointe le conseiller d'Etat Dai Binguo a présenté dans son allocution l’avis de la Chine
sur le Tibet, mais le secrétaire d'État Hillary Clinton n'a pas répondu ou mentionné le Tibet publiquement. Il a été laissé le soin à l'agence Xinhua, l'agence de nouvelles officielle chinoise, de préciser la position des États-Unis.
Quelques jours plus tard lors d'une conférence de presse de routine,le porte-parole du département d'Etat
PJ Crowley, a dévié une question relative à la façon dont le Tibet a été traité au cours des pourparlers,
en disant: «C'est difficile pour moi depuis l'autre bout du monde de vous décrire tout ce dont nous avons discuté,
malgré le fait d’avoir fait des observations sur la position des États-Unis sur la Birmanie et la Corée du Nord»
.
Le silence de l'administration Obama est d’autant plus particulier que la politique des États-Unis sur le Tibet est claire.
Énoncée dans la « Loi sur le Tibet » (Tibet Policy Act), cette politique se doit de promouvoir, entre autres,
les pourparlers entre le Dalaï-lama et Pékin, ainsi que le respect des droits de l'homme des Tibétains et
l’héritage linguistique, culturel et religieux.
Les administrations précédentes ont fidèlement respecté cette politique. Le rapport annuel de 2009 sur les négociations
entre Pékin et le Dalaï-lama, requis en vertu de la Loi, indique de nombreux contacts sur le Tibet entre le président
George W. Bush et le secrétaire général Hu Jintao, ainsi qu'entre les interlocuteurs chinois et d'autres responsables
américains, comme le coordinateur de les affaires tibétaines, un poste créé la première fois par
la Secrétaire d'État Madeleine Albright.
L’actuel coordinateur du Tibet, la sous-secrétaire d'État aux affaires mondiales, Maria Otero, n'a pas fait partie de
l’immense délégation américaine lors du Dialogue stratégique et économique. Son prédécesseur dans le poste,
Paula Dobriansky, s'est elle rendue en Chine quatre fois et a rencontré le Dalaï-Lama 13 fois.
Le rapport de 2010, qui devait être publié en mars, n'a été soumis au Congrès que mercredi dernier.
Le choix de l’administration Obama de minimiser le Tibet affaiblit les intellectuels libéraux chinois
tout comme les militants qui ont critiqué la politique de Pékin sur le Tibet et ce au péril de leur vie.
Après le soulèvement de mars 2008, un centre de réflexion chinois appelé « l'Open Constitution Initiative »
a publié un rapport contestant la position de Pékin selon laquelle les émeutes ont été incitées par le Dalaï-Lama et
critiqué la répression qui a suivi. Cette organisation aété contrainte plus tard à arrêter ses recherches et son personnel harcelé.
En outre, 29 intellectuels, avocats et militants ont signé une lettre ouverte en mars 2008 pour demander un dialogue
avec le Dalaï Lama et mettre un terme à la propagande officielle qui consiste à vilipender le Dalaï Lama et les Tibétains.
L'un d'eux, Liu Xiaobo a été poursuivi plus tard pour subversion pour ses écrits et condamné à la prison pour une durée de 11 ans.
Les responsables américains devraient comprendre aujourd'hui que rien ne sera jamais acquis en acquiesçant
à un comportement autoritaire de la Chine sur le Tibet ou toute autre question.
S'adapter à Pékin "compréhension correcte" du Tibet compromet non seulement le Dalaï Lama et les droits de l'homme
pour les Tibétains, mais aussi l’« intérêt vital » de l’Amérique en voyant ces principes respectés
au Tibet et en Chine aussi.
Pour être crédible, l'Amérique doit clairement et publiquement mener une politique objective sur le Tibet.
source: Democracy and Human Rights
US must publicly pursue a clear Tibet policy, says FPI Director of Democracy and Human Rights
traduction France Tibet, 25 août