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Défense des droits de l'Homme et en particulier ceux du Peuple Tibétain

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Chamdo / Woeser (TIBET), 22 novembre 2014 : Le contrôle des monastères et des moines par les "groupes de travail"

Les conséquences de l'installation des « groupes de travail des monastères » dans le monastère de Jhapa,
Par Woeser



20/11/2014, 22:16
High Peak Pure Earth 



Le monastère de Jhapa



High Peaks Pure Earth a traduit en anglais l'article de Woeser écrit le 22 Avril 2014 pour Radio Free Asia puis publié sur son blog on 5 Mai 2014.
L'article de Woeser une vue de l'intérieure de la situation des monastères de la Région Autonome du Tibet et tout particulièrement dans la préfecture de Chamdo, un sujet qu'elle avait déjà abordé en Septembre 2013.
Woeser dresse le contexte qui mènera à l'arrestation des moines du Chamdo, pour plus de détails sur l'arrestation de Khenpo Karma Tsewang, cf son article écrit en début de cette année.

Le monastère de Jhapa fait parti de la commune de Mianda, comté de Chamdo, dans la Région Autonome du Tibet. Ce principal monastère Kagyu du Kham possède une histoire longue de plus de 500 ans.
D'après les habitants du voisinage, le groupe de travail, composé d'un officier de police et de cinq cadres, s'est installé dans le monastère de Jhapa fin 2011. Sur ces six personnes, deux étaient Chinois et quatre Tibétains. Toutefois nous ne savons pas aujourd'hui si la composition de ce groupe de travail est la même. Par le passé, le monastère pouvait héberger jusque 110 moines, mais un an après l'arrivée du groupe de travail, ils n'étaient plus que 33. Tous les autres avaient été renvoyés et forcés à devenir des fermiers.
A son habitude, le groupe de travail ne donne pas plus de trois jours pour quitter le monastère. Si les moines doivent se rendre à Chamdo pour des questions administratives, s'ils sont malades ou s'ils ont besoin de voir un médecin, ils n'auront au mieux que 15 jours à condition d'obtenir une autorisation officielle de la préfecture. S'ils ne reviennent pas dans le délai imparti, leur comportement sera interprété comme de la rébellion face au gouvernement et ils seront renvoyés. Il a été rapporté en 2012 qu'aucun moine du comté de Chamdo n'a été autorisé à se rendre à Lhassa. En 2013 seulement quatre moines ont obtenu une permission pour s'y rendre.
Si quelqu'un veut se rendre d'un village ou d'un monastère à autre, à son arrivé il devra se présenter au groupe de travail local et se faire enregistrer. Si quelqu'un manque à cette obligation et se fait prendre, il ne sera pas seulement expulsé mais il également puni.

JamyangYeshe
Jamyang Yeshe

Drubgyu
Drubgyu

Le 10 mars 2012, deux moines du monastère de Jhapa, Jamyang Yeshe et Drubgyu ont été arrêtés car ils avaient été suspectés d'avoir coller en ville des tracts « Nous ne célébrons pas le Nouvel An Tibétain » avant la-dite célébration puis, lors du Nouvel An Tibétain, ils ont été suspectés de prier pour les auto-immolés.

ThoegaRinpoche
Thoega Rinpoche , décédé par refus des autorités à lui prodiguer des soins médicaux

En ce temps-là, le responsable du comté de Chamdo (métis sino-tibétain, aujourd'hui en charge du département du tourisme de Chamdo) était aussi responsable des groupes de travail et a autorisé personnellement l'arrestation de Jamyang Yeshe et de Drubgyu et a menacé de nombreuses fois les moines de fermer leurs monastères. Le responsable de l'agglomération de Karma, Chonpel Dorje, persécuteur du monastère de Karma, a été envoyé à Chamdo pour aider son collègue. L'abbé du monastère de Jhapa, Boeyag Tulku (connu aussi sous le nom de Thoega Rinpoche), 65 ans, s'inquiéta tant qu'il tomba malade et du demander à de nombreuses reprises une permission pour se rendre à Lhassa ou dans une région chinoise afin de voir un docteur. Il a essuyé les refus répétés du haut fonctionnaire local cité plus haut qui ne dénia l'autoriser à se rendre à Chengdu que lorsque son état de santé état s'était gravement détérioré. L'abbé était malheureusement déjà en phase terminale de cancer et ne survécut que trois jours à l'hôpital.

Le 6 Mars 2013, le groupe de travail du monastère de Jhapa, avec le groupe de travail de Mianda, organisèrent conjointement « une éducation légale » dans le monastère et le village. Une éducation qui se révéla être surtout l'occasion pour les habitants et les moines de se déclarer « contre le séparatisme ». Il leur a même été demandé de laisser leurs empreintes et de signer un document stipulant que si quelqu'un s'immole par le feu, sa famille sera arrêtée ou uniquement punie si elle travaille pour le gouvernement. Si quelqu'un s'immole par le feu dans le village, les aides de l'état seront annulées et tous les villageois arrêtés. Si l'auto-immolation arrive dans un monastère, celui-ci sera fermé. Si un moine organise une cérémonie bouddhiste en mémoire de l'auto-immolé, il sera accusé de meurtre. 

KhenpoKhedup
Khenpo Khedup
Jamyang Yeshe et Drubgyu ont été emprisonnés dans l'établissement carcéral de Chamdo et n'ont pas eu le droit de recevoir de visites. Grâce aux efforts des avocats Tang Tianhao, Liang Xiaojun et Wang Quanzhang, spécialisés dans les Droits de l'Homme, ils ont pu être libérés en Juin 2013.

Plus récemment, en avril 2014, Khenpo Khedup, du monastère de Jhapa s'est fait arrêté. Son arrestation serait en relation avec la persécution du monastère de Karma qui dure depuis octobre 2011. Mais elle pourrait tout aussi bien être en relation avec l'arrestation du 7 décembre 2013 de Khenpo Karma Tsewang. Dans un cas ou l'autre, cela reste un autre exemple de la persécution continuelle de l'élite tibétaine par les autorités locales.

22 avril 2014
Woeser

Traduction France Tibet


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