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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 09:11
Le 19 juin, Tsering Woeser et Wang Lixiong ont été placés en résidence surveillée car la Chine organise un voyage à Lhassa pour des journalistes étrangers. - Tsering Woeser


Once more, as if holding to a depressingly regular schedule, Tsering Woeser and Wang Lixiong have been placed under house arrest. This time it's in order to skew the reports that will emerge from a trip to Lhasa that has been organized for foreign journalists in China. Woeser has already met some of the journalists and the authorities seem concerned that her views will contradict the rosey picture that they want to present via an approved itinerary and scripted encounters meant to project an image of happy Tibetans living happy lives. The group is scheduled to leave for Lhasa on July 6 and to be in Tibet until the 13th. A trip for diplomats is also scheduled, possibly for late June. Woeser has tweeted that this time the steps taken were more ostentatious than before. On the afternoon of the 19th seven or eight police and State Security personnel surrounded them. They were picked up on Cuiwei Road in the Haidian District and taken to their home in Tongzhou, in the eastern part of greater Beijing. They were driven by police in their own car, while a vehicle with State Security officials followed them. They were not allowed to make any stops, even to get something to eat. Plainclothes police were placed outside the building and two were put on permanent watch by the elevator. For the moment it appears that this confinement will last at least until June 25 and possibly longer. In spite of optimistic sentiments coming from Dharamsala about China's new leadership, it seems that the state is as determined as before to stifle reporting from Tibet that doesn't put across the message that the government insists on. Tsering Woeser represents one of the rare, accessible dissenting voices on Tibet and the authorities want to make her inaccessible.

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 22:04

LE TIBET INVISIBLE

Traduction de 我们的拉萨快被毁了!救救拉萨吧

Notre Lhassa sera bientôt complètement détruite! Ceci n’est pas une exagération!

Un touriste ayant récemment visité Lhassa publia le message suivant sur la plate-forme de microblogging Sina : « Aujourd’hui, il est clair que l’intention originelle pour Lhassa était d’en faire une ville touristique à l’image de Lijiang, luxurieuse et criarde à l’excès. Tous les commerçants, les auberges et tous les services artisanaux de la vieille ville ont dû déménager en banlieue de Lhassa, et ont été remplacés par des boutiques d’antiquités et des hôtels haut de gamme; tous les immeubles affichent la même façade identique. Est-ce que toutes les villes chinoises devront subir une même métamorphose stupide de style coréen? »

Parmi les photos envoyées par ce visiteur se trouvent les ‘Plans de projet’ du centre commercial ‘Barkhor Shopping Mall’, présentement en construction (à l’origine le siège du gouvernement du district de Chengguan, situé au nord-est du Barkhor sur la route contournant le temple de Jokhang, tout près de la rue communément appelée Barkhor qui se trouve à l’intérieur des limites de la vieille ville de Lhassa). Ces plans présentent une superficie de 150 000 mètres carrés, disposant de 1 117 places de stationnement souterrain. Ceci s’ajoute au « Spiritual Power Plaza », ouvert à la fin de l’année dernière, qui a été érigé au nord de la vieille ville de Lhassa et consiste en un gigantesque centre commercial résultant de la coopération entre les fonctionnaires et les hommes d’affaires locaux. La construction de ce centre ayant nécessité le pompage jour et nuit des eaux souterraines de Lhassa pendant plus de deux ans, les habitants sont terriblement inquiets et craignent que des fissures ou des gouffres apparaissent dans la vieille ville de Lhassa, entraînant des risques d’affaissement. En fait, de nombreuses fissures sont désormais visibles dans la vieille ville, tout comme des puits sans eau. Et aujourd’hui les autorités veulent construire dans un autre coin de la vieille ville un énième grand centre commercial et un autre stationnement souterrain… Est-ce que cela veut dire qu’il est déjà trop tard pour prévenir la catastrophe vers laquelle ces fantômes insatiables précipitent Lhassa?

Rappelons qu’en 1994, le Palais du Potala fut inclus dans la « Liste du patrimoine mondial » de l’UNESCO; mais dès 1996, le village millénaire de Shol, situé au pied du Palais du Potala, fut détruit et ses habitants déplacés. À la place du village, on construisit une place publique, semblable aux milliers d’autres places présentes partout en Chine, faisant ainsi la démonstration du pouvoir totalitaire de l’État. La destruction du village Shol défigura définitivement le Palais du Potala.

En 2000 et 2001, l’UNESCO inscrit sur la « Liste du patrimoine mondial » le temple de Jokhang et le Norbulingka en tant qu’ajouts au Palais du Potala, faisant de ces endroits, déjà sacrés en raison de leur valeur religieuse, historique et culturelle, un patrimoine culturel mondial. À ce titre, ces lieux bénéficient (du moins en théorie) de la protection appropriée. Malgré cela, en 2002, un monument en forme d’obus, célébrant la « libération pacifique du Tibet », fut érigé au centre de la place, faisant directement face au lointain Palais du Potala : ceci attrista profondément les Tibétains. En conséquence, le Palais du Potala reçu en 2007 de la Convention du patrimoine mondial un « carton jaune », accompagné d’une critique quant à la recherche excessive de revenus touristiques, d’un développement sauvage et le refus des autorités d’honorer leurs responsabilités et engagements. Le Palais du Potala risquait alors de perdre le titre de « patrimoine mondial ».

À ce jour, malheureusement, non seulement le développement touristique excessif du Palais du Potala se poursuit, même la vieille ville de Lhassa devient chaque année de plus en plus menacée sous les pas des millions de touristes dont le nombre augmente sans cesse. Dans sa poursuite du statut de « ville touristique internationale », la vieille ville change son apparence au point d’être défigurée par diverses modifications drastiques. Comme l’affirme l’artiste tibétain Kuang Laowu, « Face à l’attrait matériel et à la séduction du pouvoir, la singularité culturelle s’estompe peu à peu et l’uniformité urbaine s’impose partout. Derrière les signes d’une prospérité apparemment en plein essor, la vieille ville de Lhassa — depuis longtemps vidée de tout contenu — n’est qu’une fleur fanée, on n’y trouve désormais aucun des signes charmants de sa longue histoire ».

Il y a quelques années, Andre Alexander, un allemand s’étant pleinement engagé à réparer la vieille ville de Lhassa, a créé le Tibetan Heritage Fund (THF). De 1996 à 2002, cette organisation a sauvé près de 76 monuments historiques de Lhassa, révélant par le fait même à tous la terrible vérité : « Au début de 1980, le processus de construction de la ville détruisait systématiquement les bâtiments et quartiers historiques de la vieille ville. [...]  Depuis 1993, 35 bâtiments historiques ont été détruits en moyenne chaque année. Si ce rythme se maintient, le reste des bâtiments historiques aura disparu d’ici quatre ans. » Comme leur excellent travail de restauration et leur témoignage contredisaient visiblement ceux tenant les rênes du pouvoir, ils furent finalement expulsés par les autorités tibétaines, avides d’enrichissement coûte que coûte.

Selon les plans du projet du « Barkhor Shopping Mall », l’objectif de rénovation du quartier de Barkhor est « de nettoyer, de dégager, de transformer et de moderniser ». Dans les faits, je comprends que la reconstruction de la vieille ville se divise en plusieurs zones : le centre de la vieille ville et la route qui encercle le Temple de Jokhang seront complètement détruits; tous les commerçants seront déplacés à l’intérieur du nouveau « Barkhor Shopping Mall ». Les habitants de ces rues seront entièrement déplacés vers la banlieue ouest de Lhassa, dans le district de Tolung Dechen. Les ménages optant pour un déménagement rapide peuvent obtenir de 20 à 30 mille yuan de subvention, mais refuser la délocalisation est synonyme de problème politique. J’ai entendu dire qu’un certain vieillard qui était réticent à déménager est devenu fou. Les appartements et les cours ainsi libérés ont aussitôt été utilisés pour y attirer des investissements : des bars, des hôtels, des magasins, des ateliers d’exposition de peinture viendront s’y installer. De grandes places seront aménagées dans les autres rues et ruelles de la vieille ville, comme c’est le cas en face du temple de Ramoché, et les habitants seront également relogés en banlieue. Au nord-est de la vieille ville, ancien siège du gouvernement du district de Chengguan, le « Barkhor Shopping Mall » est en construction. Les exemples sont innombrables.

Bien sûr, la rue Barkhor ne se videra pas : son importance religieuse est trop grande. Elle deviendra au contraire un lieu animé, mais n’existant que pour les touristes. Elle ne sera plus jamais cette rue où les Tibétains venaient s’incliner en priant lors de leur pèlerinage, et même si certains pèlerins continuent d’y faire des prosternations, ce ne sera que pour ajouter à l’amusement des touristes… Un désastre après l’autre, Lhassa chute dans une décadence tragique. Historiquement, Lhassa n’avait jamais connu de désastres miniers, et maintenant de tels accidents se produisent. Historiquement, la rivière de Lhassa ne s’était jamais asséchée, et maintenant le lit de la rivière s’assèche, faisant mourir les poissons. Historiquement, la vieille ville de Lhassa n’a jamais été une vulgaire attraction pour les touristes, et maintenant elle s’est transformée en une rue touristique telle qu’on en trouve à Shangri-La et à Lijiang. Est-ce que, prochainement, on nous obligera à acheter un billet d’entrée pour pénétrer dans cette version parodique de la « Vieille ville de Lhassa »?

Elle disparaît encore plus vite que les autres endroits; elle est submergée encore plus vite que les autres endroits. L’âme en peine, Andre Alexander avait écrit : « Chaque fois que j’y retourne, les vieux immeubles y sont visiblement moins nombreux, les pierres et les briques, les ruelles et les rues, même les chiens y disparaissent… » Et maintenant, la nouvelle ville de Lhassa, commercialisée par les grands bonzes au pouvoir, y prend forme. Dès lors, je perds ces parcelles de paysage du vieux Lhassa, que moi et tant d’autres avons profondément aimées. Dès lors, mes souvenirs du vieux Lhassa, tout comme les souvenirs de tant d’autres, sont recouverts d’une couche de béton. Comme un internaute le dénonçait : « Ils détruisent la vieille ville, creusent des routes, construisent des ponts, coupent la Kyichu, pompent l’eau souterraine… ces gens ressemblent vraiment aux incarnations des fantômes insatiables : tout ce qu’ils peuvent emporter, ils l’emportent; tout ce qu’ils ne peuvent pas emporter, ils le détruisent! »

Il convient de noter que, ces dernières années, les 121 immolations de Tibétains (à l’intérieur et à l’extérieur du Tibet) ont été le problème le plus important et critique pour les Tibétains. Bien que la communauté internationale n’y porte guère attention, ce problème est au centre même des préoccupations du gouvernement tibétain en exil, qui y concentre l’entièreté de ces efforts. Par le fait même, les autres catastrophes et risques auxquels est confrontée la société tibétaine ont été négligés, tels que la destruction imminente de la vieille ville de Lhassa. Si cela avait eu lieu par le passé, l’UNESCO pourrait à nouveau émettre un « carton jaune », mais personne n’y porte plus attention.

Cependant, le gouvernement chinois a fixé toute son attention sur ces immolations. Le 27 mai dernier, après que deux Tibétains se furent immolés entre le temple de Jokhang et le poste de police de la rue Barkhor (poste de police qui immédiatement fut élevé au rang de Bureau de sécurité publique de la vieille ville de Barkhor), l’« Hôtel Mandala » — dans lequel les deux Tibétains immolés avaient séjourné — fut réquisitionné par les autorités. L’hôtel devint le Comité de gestion de la vieille ville de Barkhor de Lhassa. Même la vieille ville de Lhassa fut renommée « Vieille ville de Barkhor ». Qu’il n’y ait jamais eu dans l’histoire de Lhassa une « Vieille ville de Barkhor » n’a pas d’importance : les autorités amorçaient précisément à ce moment leur rénovation à grande échelle de la vieille ville, elles faisaient ainsi d’une pierre deux coups, l’objectif de « maintenir la stabilité » s’accordant avec celui du réaménagement. Aujourd’hui, devant le temple de Jokhang ayant traversé les âges, les pèlerins en provenance des lointaines régions de l’Amdo et du Kang ne viennent plus se prosterner et les chambres qui auparavant étaient remplies des milliers de lampes à beurre jour après jour sont désormais vides. Il ne reste que les tireurs d’élite perchés sur les toits des maisons tibétaines et les soldats lourdement armés patrouillant sur la place principale, il ne reste que les immenses centres commerciaux qui ouvrent l’un après l’autre grâce à la corruption des autorités municipales, il ne reste que ces colonnes en plastique d’un rouge sang à l’entrée des centres commerciaux, signe de l’invasion et de la vulgarité des nouveaux riches.

Il y a quarante ans, lors de l’adoption de la « Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel », l’UNESCO déclara que « Quel que soit le pays auquel ils appartiennent, certains biens du patrimoine culturel et naturel présentent un intérêt exceptionnel qui nécessite leur préservation en tant qu’élément du patrimoine mondial de l’humanité tout entière, la dégradation ou la disparition d’un bien du patrimoine culturel et naturel constitue un appauvrissement néfaste du patrimoine de tous les peuples du monde, et ces biens doivent donc être communément protégés par l’humanité. »

Par conséquent, je demande à l’UNESCO et aux autres organisations à travers le monde de mettre fin à cette « modernisation » si terrible de la vieille ville de Lhassa, qui représente une faute impardonnable et incommensurable à l’égard du paysage, de la culture et de l’écologie de Lhassa!

Je demande aux nombreux tibétologues, aux spécialistes et aux institutions de tibétologie du monde entier de prêter attention à la ruine totale qui menace en ce moment même la vieille ville de Lhassa.

Je garde espoir que des gens de tous les horizons et de tous milieux organiseront des opérations pour sauvegarder la vieille ville de Lhassa!

Notre Lhassa sera bientôt complètement détruite! Sauvons Lhassa!

4 mai 2013 – 6 mai 2013

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 14:08

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WOESER

 

Éradiquer l’éducation en langue tibétaine pour « préserver la stabilité »

 Je me souviens encore du 19 octobre de l’année dernière, à Regong dans la province d’Amdo, lorsque plusieurs milliers d’étudiants et de lycéens ont quitté leurs écoles, levant au bout de leurs bras de petits tableaux noirs, sur lesquels était inscrit en caractères tibétains : « Nous avons besoin des cours de Tibétain ». Par la suite, dans plusieurs endroits d’Amdo, des districts de Qinghai jusqu’aux districts du Gansu, d’innombrables jeunes ont mis en branle un mouvement pour la défense de leur langue maternelle. Même dans l’Université centrale des nationalités à Pékin, plusieurs étudiants tibétains ont élevé leur voix.

 Je me souviens qu’à cette époque, plus de 300 enseignants tibétains ont fait parvenir aux autorités régionales du Qinghai une lettre, leur demandant de soutenir que la langue d’enseignement des étudiants tibétains reste leur langue maternelle et d’abandonner l’application du principe « le mandarin comme langue principale, le tibétain comme langue auxiliaire, le mandarin comme langue d’enseignement et le mandarin comme langue de l’éducation préscolaire ». Des Tibétains ont quitté leur emploi de cadre du Parti, les éducateurs seniors ont également envoyé des déclarations d’opinion semblables au Bureau du Front uni et à d’autres grands départements.

 

Je me souviens que par la suite, le secrétaire du comité de la région du Qinghai déclara que la réforme de « l’éducation bilingue » se faisait en fonction des circonstances locales et qu’elle sera mise en œuvre progressivement, pour apaiser les inquiétudes du peuple. Les Tibétains naïfs furent convaincus que les paroles du secrétaire étaient d’une énorme importance, qu’elles ne pouvaient être une simple manigance pour gagner du temps.

 Mais à peine une année et demie plus tard, l’épée suspendue au dessus de la tête de l’éducation tibétaine s’abaissa encore. En mars de cette année, au moment du commencement du nouveau semestre scolaire, les jeunes des écoles tibétaines et minoritaires des provinces du Gansu et du Qinghai ont découvert que les livres spécialisés en langue tibétaine furent soudainement remplacés par des livres en mandarin. En d’autres termes, les écoles que fréquentent les enfants des paysans et des bergers sont passées d’une éducation bilingue à une éducation en mandarin. Quelles seront les conséquences d’un tel changement ?

 Le 3 mars, Tsering Kyi, en troisième année au lycée du conté de Maqu, en Amdo, s’est sacrifiée par immolation pour protester contre cette politique d’éducation. Depuis le 14 mars, dans les contés de Regong, Zeku, Gangcha, Tongde, des milliers de lycéens et enseignants des écoles sortent dans les rues, pour y crier les slogans suivants : « Égalité des peuples », « Égalité des langues », « Autonomie pour notre région ».

 Un enseignant de la région d’Amdo tint sur son blog ces propos sincères : « …même s’ils remplacent les livres en langue maternelle, il faudra remplacer tout le matériel pédagogique connexe, car il ne suffit pas de tirer sur les plantes pour les faire pousser, ce n’est pas ça l’éducation et ce n’est pas non plus un endroit où l’on doit démontrer sa volonté politique. Alors que les élèves ne maîtrisent pas encore l’utilisation et les changements du vocabulaire, de la syntaxe ou de la grammaire du mandarin, il faudra soudainement qu’ils assimilent une énorme quantité de termes spécialisés techniques, mathématiques et scientifiques dans ce nouveau semestre. C’est extrêmement difficile et les efforts et le temps ainsi dépensé ne valent pas d’utiliser leur langue maternelle pour se familiariser avec les nouveaux sujets, ainsi hausser l’efficacité de l’apprentissage. C’est une règle et un principe de base de la science pédagogique, sans aucun lien avec la conscience nationale et encore moins avec ces magnanimes qui se reconnaissent en elle, aucun individu ou peuple ne devrait politiser la question de la langue maternelle, il s’agit d’un héritage de l’écologie naturelle de la culture humaine, une chose naturelle qui n’a besoin d’aucune idéologie. Mais il y a encore quelques dirigeants de quelques départements qui encore une fois cherchent à traiter cette question sur le plan d’une opposition idéologique. Pourquoi laissons-nous ces enfants marcher année après année pour leur langue maternelle ? Préserver la stabilité c’est préserver la situation d’ensemble et le peuple fait partie de la stabilité de l’environnement naturel, mais si nous ne sommes même pas capables d’apaiser les cœurs de nos élèves, alors quel peut être notre apport pour le maintien de la stabilité dans les districts tibétains ? »

 En fait, ce n’est pas que quelques dirigeants ne comprennent pas cette vérité. La raison pour laquelle on brandit encore une fois le couteau de boucher au dessus de l’éducation tibétaine n’est pas uniquement que les autorités locales cherchent à implanter l’unité culturelle, car il serait plus simple de couper toutes les langues qui parlent d’autres langages que le mandarin. Dans le résumé de la politique de l’éducation de la province du Qinghai, on peut voir qu’elle est considérée comme une « importante tâche politique » pour l’avenir des districts tibétains, révélant l’une des conclusions de la réflexion des autorités locales suite aux émeutes tibétaines de 2008 : pour tenter de préserver la stabilité, il faudra exterminer jusqu’aux racines toute forme d’éducation en langue tibétaine.

 Quoi qu’il en soit, l’époque d’aujourd’hui n’est pas celle où, quelques centaines d’années auparavant, les colons espagnols ont pris possession de la terre des Mayas, détruisant complètement la langue des autochtones. Quoi qu’il en soit, l’époque d’aujourd’hui n’est pas non plus celle de la révolution culturelle d’il y a quelques dizaines d’années, où à travers le Tibet fut interdite toute éducation en langue tibétaine, l’époque où les Tibétains comme moi perdirent l’usage de leur langue maternelle. Notre époque, c’est celle de Tsering Kyi, une lycéenne de 19 ans qui, pour protéger sa langue maternelle, a transformé sa vie en un brasier, une flamme qui ne s’éteindra jamais.

20 mars 2012

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 18:48

« Les rayons de la liberté viendront éclairer cette terre d’espoir »

Traduction de “自由的光芒来照亮这希望的大地”

Le 26 mars, une autre nouvelle de l’immolation d’un Tibétain nous est parvenue. Il s’agit d’un jeune tibétain du Kham, Jampa Yeshi, ayant quitté sa maison dans le Dawu pour fuir en Inde. À l’époque, lorsqu’il quitta ses parents, il n’avait que 20 ans. Il s’est immolé à New Delhi, où plusieurs centaines de Tibétains en exil protestaient contre la venue officielle en Inde du chef d’État chinois Hu Jintao, voilà pourquoi des images et des enregistrements de la scène ont rapidement fait le tour du monde. Certains ont surnommé l’immolé Jampa Yeshi de « torche humaine des droits de l’homme », utilisant le feu de son corps pour illuminer les ténèbres actuelles de notre monde.

 

Très tard cette même journée, j’ai reçu une lettre. Même si je n’ai jamais rencontré l’homme qui l’a écrite, son nom m’a immédiatement rappelé avril 2008, il y a 4 ans : voyant que plusieurs Tibétains furent emprisonnés à la suite des manifestations de mars, plus de 20 avocats chinois ont signé un appel sur internet, se disant prêts à assurer la représentation légale, la défense et les autres services juridiques pour ces Tibétains emprisonnés. En raison de cette déclaration, tous ces avocats furent sévèrement réprimandés, interdits d’entrer dans les zones tibétaines et de s’occuper des dossiers légaux tibétains, certains virent même leurs certifications légales annulées. Et parmi ces avocats se trouvait le nom de l’homme qui m’a écrit lors de cette soirée.

Après avoir lu sa lettre, j’ai voulu la transmettre au service en langue tibétaine de la Radio Free Asia, car ainsi énormément de Tibétains pourront l’entendre. Et j’espère que plusieurs Han pourront également la lire. Cette lettre va ainsi :

Je suis Tang Jingling, un ami virtuel, je suis un avocat de la Chine continentale qui, pour avoir voulu lutter pour la liberté et les droits civiques, a perdu son permis d’avocat. Je consacre encore tous mes efforts à faire avancer la cause de la liberté et des droits du peuple de Chine à l’aide de mouvement de non-collaboration civique. Depuis longtemps, j’accorde beaucoup d’attention aux évènements en terre tibétaine, où depuis plus d’une année, 30 garçons et filles du Tibet, purs, sans peur et pieux, ont sacrifié leur précieuse vie pour la liberté et le respect ! Moi et mes amis discutons souvent de ces évènements. Je ne peux pas me taire. Selon mes maigres connaissances en histoire, il s’agit véritablement d’un énorme sacrifice sans pareil dans l’histoire de l’humanité ! Le 24 mars au soir, moi et quelques amis avons encore discuté de ces évènements, et ne pouvant m’endormir par la suite, je me suis levé pour écrire un poème que je désire offrir à ces grands martyrs du peuple tibétain.

Face à un tel sacrifice, j’ai ressenti une profonde honte. Ces quelques mots un peu simples ne pourront jamais égaler la belle magnitude de leur vie, mais c’est un cri de mon âme que je ne peux contenir.

J’ai encore une demande. Si vous le souhaitez, j’espère sincèrement que vous pourrez traduire cette lettre et ces vers en langue tibétaine, les présenter aux Tibétains qui luttent pour la justice et la liberté, ainsi qu’à tous ceux qui luttent aux côtés du peuple tibétain.

L’avocat Tang Jingling envoya avec sa lettre les vers suivants, qui s’intitulent « Trente étoiles filantes ont passés » :

Des nuées s’avancent sur le plateau enneigé du Tibet
La terre est silencieuse et toute chose se tait
Regarde, la vie brûle tel un flambeau allumé
Une étoile filante traverse le ciel
Trente âmes de noblesse et pureté
Se sont offertes en sacrifice
Sur l’autel de la liberté

La terre brûlée et asséchée par les flammes de l’enfer
Où est le salut pour l’âme engourdie qui se perd ?
Regarde, la vie brûle tel un flambeau allumé
Une étoile filante traverse le ciel
Trente âmes de noblesse et pureté
Se sont offertes en sacrifice
Sur l’autel de la liberté

Y-a-t-il encore des larmes dans tes yeux fanés ?
Dans ta gorge, le début de l’ultime soupir enfermé
Regarde, la vie brûle tel un flambeau allumé
Une étoile filante traverse le ciel
Trente âmes de noblesse et pureté
Se sont offertes en sacrifice
Sur l’autel de la liberté

Une étoile filante traverse le ciel
Perce la nuit mortelle dans le noir
Les rayons de la liberté viendront éclairer cette terre d’espoir

Sur ce, je remercie Tang Jingling pour sa lettre et ses vers qu’il offre au peuple tibétain. Même si nous savons tous que les Chinois dans son genre sont très peu nombreux. Comme un ami le disait sur Tweeter : « Les immolations des Tibétains sont très étranges pour la plupart des Han, plusieurs ne croient pas à leur authenticité, parmi ceux-ci se trouvent même des gens à l’esprit très ouvert, un de mes camarades de classe est de cet avis. Ce genre de phénomène est le résultat du blocus que le Parti communiste exerce sur l’information, mais un facteur plus important encore est, je crois, les conséquences de l’éducation de lavage de cerveau, plusieurs années de ce genre d’éducation créent chez les personnes une inertie de la pensée, rendant impossible de concevoir l’idée que le Parti communiste soit aussi malade et pourri »

Le présent est si tragique, voilà pourquoi cette lettre et ces vers revêtent un sens si particulier, en nous permettant de garder espoir en l’avenir.

28 mars 2012

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 20:52

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WOESER

 

Voici une biographie mise à jour de Tsering Woeser :

Tsering Woeser (née en 1966, à Lhassa) est une écrivaine d’origine tibétaine dont les livres et nombreux articles offrent des perspectives uniques sur les complexités du Tibet d’aujourd’hui. Fille de deux membres du Parti communiste, son père était d’ailleurs officier dans l’Armée populaire de Libération, Woeser a fait ses études en mandarin, langue dans laquelle elle écrit poésie, reportages et récits. Elle est mariée à l’écrivain et militant chinois Wang Lixiong, connu pour ses prises de positions politiques et pour son roman « Péril jaune » (1991).

 Après des études littéraires à l’Université des nationalités du sud-ouest dans la capitale du Sichuan (Chengdu), elle fut affectée à Lhassa en tant que rédactrice de la revue de littérature tibétaine et commença à découvrir son véritable patrimoine. Dans « Le Tibet au-dessus » (1999), Woeser publie des poèmes qui explorent son identité tibétaine. Son second livre, « Notes sur le Tibet » (2003), traite plus directement et de façon critique des questions culturelles et politiques à travers des portraits de la vie des Tibétains. Ce livre fut interdit, Woeser perdu son emploi et toutes ses prestations sociales, mais se résolut à utiliser ses mots comme arme afin de mettre par écrit le passé et le présent du Tibet.

 S’installant dans l’anonymat de Pékin en 2003, elle utilise l’Internet pour publier des commentaires de plus en plus explicites sur l’arrestation et la torture des Tibétains, les qualités littéraires attrayantes de son écriture transmettant son message d’autant plus efficacement. La préoccupation et l’engagement de Woeser envers l’avenir de la culture tibétaine l’amenèrent à toucher des questions aussi variées que la peinture, les cérémonies bouddhistes, les questions environnementales et économiques, le cinéma et la littérature contemporaine, et à mener des recherches exhaustives pour publier des livres révolutionnaires, tels que « La mémoire interdite : le Tibet pendant la Révolution culturelle » (2006), qui combine des photographies prises par son père lors de cette période sombre avec des témoignages de participants qu’elle recueillit par des entrevues.

 Au cours des manifestations de masse contre la domination chinoise et la répression violente de 2008, le blog de Woeser devint la principale source d’information pour plusieurs médias et amis du Tibet à travers le monde. Diffusant les informations de ses contacts au Tibet, elle publia des rapports quotidiens sur les manifestations, les violations des droits de l’homme et les exécutions extrajudiciaires. En décembre 2008, elle fut parmi les signataires originaux de la Charte 08. Elle prit également position contre les emprisonnements d’intellectuels ouïghours lors des émeutes de 2009. Conséquences de ses engagements politiques, Woeser fut mise en détention à domicile et harcelée par les policiers, ses sites furent fermés, ses mouvements sont limités, on lui interdit de quitter la Chine et elle reste sous surveillance constante de la part des autorités. Malgré tout, elle continue à écrire sur les questions sensibles qui touchent le Tibet de l’intérieur même de la Chine.

 Ces dernières années, sa contribution à la culture tibétaine et son énorme courage furent reconnus et récompensés par plusieurs organisations à l’extérieur de la Chine. Elle fut honorée par plusieurs prix internationaux, dont le Prix du Norwegian Authors Union (2007), le prix pour la liberté d’expression de l’Association des journalistes tibétains en exil, le Courage in Journalism Awards de la fondation International Women’s Media Foundation (2010) et le Prix du Prince Claus (2011)

 Woeser a fait preuve d’un courage qui l’honore, en parlant pour ceux qui sont réduits au silence et opprimés, par sa combinaison irrésistible d’excellence littéraire et de reportage politique, par la sauvegarde, la diffusion et son soutien à la culture tibétaine et par son engagement actif envers l’autodétermination, la liberté et le développement du Tibet.

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 10:30

Étudier le bouddhisme en Inde, se faire « laver le cerveau » à Lhassa

Traduction de 去印度学佛,在拉萨被“洗脑”

Dès que je pense à ces « groupes d’études » répartis à travers Lhassa, dès que je pense à ceux qui ont reçu une « éducation » dans ces groupes, et particulièrement à ces nombreux Tibétains qui reçurent cette « éducation », dès que je pense qu’ils reçurent cette « éducation » uniquement parce que, à la fin de leur vie, ils se rendirent en Inde, à Bodhgaya, pour participer à l’initiation Vajrayana dirigée par le Dalaï-Lama, aussitôt je vois se dessiner devant mes yeux quelques vieux Tibétains. Ce sont tous des aînés que j’ai aperçus à Lhassa, des citadins ou des employés à la retraite absolument ordinaires, des croyants dont le cœur est tourné vers Bouddha et qui furent victimes de la répression politique.

 L’un d’eux, en apparence pas très vieux, avait quitté quelques années auparavant un poste au salaire généreux, seulement pour réaliser son désir de rencontrer le Dalaï-Lama. J’ai lu son journal, à l’intérieur duquel il décrit son impression après avoir fait le pèlerinage au Palais du Potala : « Les caméras de surveillance sont plus nombreuses que les fenêtres, les soldats sont plus nombreux que les lamas, les souris sont plus nombreuses que les Bodhisattva ». Il est encore aujourd’hui enfermé dans un de ces « groupes d’études » et ne peut revenir chez lui.

 

Une autre était une aînée au corps affaibli par les nombreuses maladies, elle ne croyait aucunement pouvoir quitter Lhassa et se rendre à Bodhgaya. Tous s’inquiétaient que sa santé ne puisse supporter ce très long chemin, les aléas du trajet sinueux et les différences de climat. Mais son plus cher désir était d’aller entendre les enseignements de Sa Sainteté de vive oreille, et même si elle devait mourir en cet instant, ce serait une libération parfaite. Après la fin de l’initiation, elle revint à Lhassa irradiant de joie et de vigueur. Elle fut très rapidement enfermée dans un « groupe d’études » et ensuite très vite transférée à l’hôpital. J’ai entendu dire que la vieille femme, étendue sur son lit d’hôpital, dit à sa famille : « Dans ce groupe d’études, j’ai même dû les implorer, nous les aînés, nous allons tous bientôt mourir, pas besoin de nous faire subir ce genre d’éducation de lavage de cerveau ». En parlant, ses larmes coulaient telle la pluie.

 Ces « groupes d’études » sont un genre d’outil de terreur propre aux dictatures, semblable aux autres du même genre : les « groupes de lavage de cerveau » et les « camps de concentration ». Semblable à la définition qu’en donne Wikipédia : « Il est difficile pour les gens ordinaires de définir clairement les différentes formes des camps de concentration, mais leur point commun est le suivant : les droits des gens qui y sont enfermés sont systématique ignorés et violés ». Et dans ces « groupes d’études », les autorités offrent aux milliers de Tibétains qui se sont rendus en terre sainte indienne une « éducation sur la constitution », une « éducation patriotique » et sur les autres politiques de l’État à l’égard de la religion. Comme le dit un avocat han : « Ce sont toutes des détentions sans aucune justification légale, ce sont des agissements illégaux ».

 Chaque Tibétain sait très bien que dans l’ensemble des régions tibétaines il est depuis toujours difficile de demander un passeport. Depuis que les révoltes ont parcouru le Tibet en 2008, les autorités locales ont même arrêté de délivrer des passeports. Ces dernières deux années, à Lhassa, les autorités locales se montrent bienveillantes envers les vieillards : elles acceptent de donner aux vieillards de plus de 60 ans un passeport. C’est pourquoi cette année, un groupe important de vieux venu du Tibet de l’intérieur assista à l’initiation bouddhiste de Bodhgaya. Mais après avoir tant galéré pour obtenir un passeport, tant peiné pour se rendre jusqu’à la terre sainte, tant peiné pour recevoir enfin le soutien du grand maître, après avoir vécu un si court, mais si heureux moment, ils ne s’imaginaient pas que « la vengeance est un plat qui se mange froid ».

 Ces « groupes d’études » ont commencé probablement au début février. Seulement à Lhassa, il y en aurait plus de 70, répartis dans les camps de travail, les hôtels et les écoles. À Shigatse, Zêdang et d’autres endroits des « groupes d’études » sont également apparus. Parmi les gens que les policiers ne cessent d’arrêter dans leur demeure pour les enfermer dans ces « groupes d’études » on trouve même des vieillards de plus de 70 ans, des adultes et des jeunes. Leurs identités sont multiples : des cadres à la retraite, des citadins, des villageois et des commerçants. Et le temps « d’études » est divisé en deux périodes : les sans-parti de 65 ans et plus peuvent terminer leurs « études » après la nouvelle année tibétaine, alors que les gens de 65 et moins et les membres du parti doivent poursuivre.

 En vérité, tous ces Tibétains qui sont allés en Inde pour participer à l’initiation sont volontairement allés étudier, animés par un esprit joyeux, ils sont allés étudier le bouddhisme. Et de retour dans leur foyer, au Tibet, ils furent forcés de joindre ces « groupes d’études », qui théoriquement consistent également à étudier, mais cette fois contre leur gré, soumis à la torture mentale de la politique de lavage de cerveau. Chaque vieillard qui, en raison de ses maladies ou de son âge avancé, put quitter ces « groupes d’études » dit d’une manière apeurée qu’on leur avait même forcés à regarder le film de propagande des années 1960 « Esclave tibétain » et à rendre compte un par un de leurs sentiments par la suite. Forcés de « maudire le passé et de célébrer le présent », de « témoigner sa reconnaissance au Parti », voilà les seules manières de « passer le test ». Et ces Tibétains qui sont restés dans ces « groupes d’études » doivent encore s’entraîner à chanter des chansons communistes, danser des danses communistes, tout cela en préparation pour le jour férié que le Parti a récemment imposé au Tibet : « Jour de la commémoration de la libération du servage », pour faire démontrer au Parti sa position.

 Woeser, 15 mars 2012

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 11:07

« Tu veux garder ton emploi, oui ou non? »

 

Traduction de “想不想要饭碗”?, 29 mars 2012

Après que les protestations de 2008 eurent éclaté, les autorités firent s’abattre sur le Tibet une large répression, dont plusieurs des méthodes de « contrôle » restent encore utilisées aujourd’hui. L’été dernier, lors de mon voyage dans la région de Kang, j’ai appris que l’ensemble des fonctionnaires de l’État dans les régions tibétaines de la province du Sichuan doivent remplir un formulaire spécial, dont le contenu comprend les questions suivantes : 1. Est-ce qu’il y a un moine ou une nonne bouddhistes dans votre famille? 2. Votre maison comporte-t-elle une icône bouddhiste sacrée? 3. Une photo du Dalaï-Lama est-elle affichée dans votre maison? 4. Des membres de votre famille se trouvent-ils à l’étranger? 5. Possédez-vous un passeport? 6. Avez-vous une double croyance? (croire à la fois au Parti communiste et au bouddhisme). Ce formulaire, bien que devant être rempli par les Tibétains comme par les Chinois, vise en fait très clairement les Tibétains.

 Comme me le demanda un ami taïwanais vivant, dans une société démocratique : c’est très ennuyant, on le remplit et ensuite quoi? Je lui répondis : si vous répondez positivement, vous êtes inclus dans la « liste noire » et devenez un objet de suspicion, si vous répondez par la négative, alors vous vous conformez aux objectifs de l’éducation du Parti. Cet ami m’a demandé: mais leur esprit est-il vraiment si simple? Je lui ai répondu : ils connaissent les véritables pensées des Tibétains, mais ils cherchent à ce que les Tibétains se confessent un par un, le but ultime étant la dissuasion et leur stigmatisation.

 

Dans le livre « Le cri du lion des neiges en l’année du rat – Souvenirs des événements de 2008 au Tibet », j’ai décrit comment dans chaque unité de travail, école et comité de quartier de Lhassa étaient organisées des assemblées générales « pour exposer et critiquer la clique séparatiste du Dalaï ». Dans ces assemblées, chacun devait écrire une dénonciation et la lire à haute voix en public. Ce qui mit en furie la plupart des Tibétains fut que l’accusation dénonçait le Dalaï-lama, mais obligeait les Tibétans à le nommer « Dalaï », sans le titre honorifique de « Lama », afin de bien vérifier si leur dénonciation était « sincère ».

 Il y a plusieurs années, alors que je travaillais à l’alliance culturelle tibétaine, j’ai également dû me soumettre à un « examen » similaire, sur lequel j’ai écrit ce commentaire :

  « Tous les êtres humains naissent libres et…… », « Tous les êtres humains ont la liberté et le droit d’opinion, de conscience et de religion… » C’est ce qu’annonça la Déclaration universelle des droits de l’homme au monde entier il y a un demi-siècle. Ce sont là les deux phrases les plus émouvantes et les plus rassurantes – mais également les deux phrases les plus semblables à un délire. Surtout dans le Tibet d’aujourd’hui, où nous ne savons pas si nous pourrons un jour entendre le mot « droit », qui est pourtant si étroitement lié à la vie. Nous n’avons pas de tels droits. Nous avons été obligés d’entendre beaucoup trop souvent, comme un tonnerre qui perce nos oreilles, qui retentit le jour et la nuit, encore et encore : c’est interdit, interdit, interdit!

 En cet après-midi, caché dans le dortoir de mon unité de travail, qui ressemble à une caserne militaire, j’ai regardé chaque mur et chaque case dans ma bibliothèque. Ces objets qui m’ont accompagné dans d’innombrables moments de ma vie : un foulard de couleur sombre, une chandelle cérémoniale pas très raffinée, les photographies de moines tibétains que l’on m’a données ou que j’ai prises moi-même, cette petite sculpture en argile de Sakyamuni, avec sur sa tête ses cheveux bleus, qui ressemblent à de l’eau qui coule, mais révèlent aussi un soupçon de mélancolie. Cette mélancolie qui m’apparaît clairement en ce moment. Ces objets – tous – sont pour moi des symboles de ma foi, débordant de beauté artistique, mais pour le moment je dois les décrocher, les rassembler, les cacher dans un coin où personne ne les trouvera. Parce que ce sont tous des objets interdits : les objets religieux ne sont pas autorisés à être exposés dans une maison, c’est absolument interdit!

 Demain, ils viendront dans les maisons et les chambres pour inspecter, oui, c’est exactement le mot : inspecter! Quand je pris les foulards, les chandelles cérémoniales, les icônes et les statues bouddhistes pour les empiler tous à l’intérieur d’une boîte en carton, je n’ai pu m’empêcher de ressentir une profonde honte.

 En fait, ce  genre de « contrôle des personnes » est une pratique du Parti communiste très répandue, qui dispose de ses propres procédures. Après les évènements de Tiananmen en 1989, on organisa partout en Chine des purges politiques, qui prirent la forme de réunion, de déclaration, de confessions écrites afin d’évaluer et d’inscrire chaque procédé dans les dossiers personnels. La même chose est vraie aussi pour les membres du « Falun Gong » : toutes les personnes qui admettaient avoir pratiqué le Falun Gong et qui refusaient d’y renoncer furent exclues de leur poste, envoyées dans des camps de travail.

 Un Tibétain de la région de Kang m’a dit qu’en plus de remplir un formulaire, les autorités organisent encore plusieurs autres activités, telles que chanter des « chansons communistes », des journées de « reconnaissance » envers le Parti, visant à développer le « rejet du passé et l’enthousiasme pour le présent ». On a même exigé que, face à une caméra, les gens déclarent à haute voix : « Je suis contre la clique du Dalaï, je remercie le Parti communiste ». Le plus humiliant est que, lors de chacune de ces activités, les responsables ne cessent de questionner leurs employés : « Tu veux garder ton emploi, oui ou non? »

 3 mars 2012

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 22:13

« On ne peut pas continuer à s’immoler comme ça ! »


« On ne peut pas continuer à s’immoler comme ça ! »

Traduction de “不能再这么自焚下去啊!” par Woeser 

Le 8 janvier, du comté de Golok de l’Amdo m’est arrivée la nouvelle du sacrifice par immolation d’un Rinpoché. Très vite j’ai appris qu’il s’agissait du Rinpoché Soba, très populaire dans sa communauté. C’est vraiment une affaire importante ! Selon les coutumes et traditions du Tibet, le Rinpoché est le stade suprême parmi les moines, et ce Rinpoché qui était admiré et respecté par sa communauté s’est sacrifié, ce qui ébranla très fortement les Tibétains !

 Afin de mieux comprendre les circonstances, j’ai immédiatement publié une déclaration sur mon blogue. Ces dernières années, c’est souvent la même chose : les nouvelles de plus en plus mauvaises qui nous parviennent annoncent toutes une catastrophe humaine pour le Tibet. J’ai essayé d’écrire, j’ai tenté de décrire, puisant dans mes forces pour argumenter, jusqu’à cet état où il est trop tard pour les larmes. J’ai dit à Wang Lixiong que même un Rinpoché s’était immolé. Il fut très triste et dit après un long moment : « On ne peut pas continuer à s’immoler comme ça ! » Il dit qu’il fallait faire quelque chose, ne pas rester ici à écouter l’une après l’autre ces nouvelles de malheur.

 

 Dans des moments comme cela, la voix de la raison est très importante. Peu importe qu’elle vienne des Tibétains, des Chinois Han ou de toute autre personne, le son de la voix de la raison doit être diffusé, les discussions sur les méthodes doivent être immédiates. Wang Lixiong prit deux jours de son temps pour écrire un article de moins de 2000 caractères. Il y avait à ce moment un total de 16 auto-immolations à l’intérieur du Tibet. Je prévoyais publier par segment son article sur Twitter pour stimuler les discussions, mais le 14 nous est venue la nouvelle d’une autre auto-immolation d’un Tibétain d’Aba. De toute évidence, nos articles et discussions ne sont pas aussi rapides que les flammes qui brûlent les Tibétains.

 Wang Lixiong pense que les Tibétains ne peuvent plus s’auto-immoler, mais pas comme cette certaine controverse qui veut savoir si l’auto-immolation correspond ou non au point de vue bouddhiste ou de savoir si les immolés disposent de sagesse, ou en ce qui concerne la Chine, de savoir si elle a plus peur des Tibétains vivants ou de leurs cadavres brûlés. Il faut dire que le point de vue de Wang Lixiong est réaliste et qu’il propose une méthode. À cette fin, je tiens à vous présenter son article : « En dehors de l’auto-immolation, que faire ? »

 Je vous présente d’abord la première section de l’article, où il écrit :

 J’ai absolument beaucoup de respect pour les Tibétains immolés. Bien que l’objectif imaginé par chacun des immolés n’est pas nécessairement réaliste ou réalisable, mais peu importe s’ils n’avaient pas de vision claire, ils ont intégré le rôle qu’ils se sont créé et ont inspiré le courage d’une nation.

 Le courage est une ressource précieuse, en particulier si les ressources réelles manquent, le courage est souvent le facteur clé dans le combat de David contre Goliath. L’auto-immolation nécessite le plus grand des courages. Le courage des 16 Tibétains immolés sur le territoire du Tibet a secoué le ciel et fit pleurer jusqu’aux dieux, dont l’auto-immolation de Soba Rinpoché de Golok en Amdo représente l’apogée. En ce qui concerne d’inspirer le courage de la nation, je pense que ce sommet a été atteint.

 Maintenant, la question est devenue : que pouvons nous faire avec une ressource précieuse telle que ce courage ? Continuer les auto-immolations, ce serait jeter ce courage dans le feu. Je pense qu’à partir de maintenant, cela serait du gaspillage, le courage que les martyrs ont inspiré doit être utilisé pour produire des résultats : voilà l’espoir des pionniers, voilà la valeur de leur sacrifice.

 Un tibétologue laissa ce message : Wang Lixiong a exprimé un véritable respect pour l’auto-immolation des Tibétains, plutôt que de « se tenir debout sur une hauteur et évalué les gens d’en bas » ou d’insulter les immolés. Mon admiration va à Wang Lixiong pour avoir exprimé de l’intérieur de la Chine cette attitude franche et d’avoir clairement indiqué : ces Tibétains qui s’immolent sont des martyrs du peuple tibétain, ils inspirent le courage de leur nation.

 15 janvier 2012

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 09:50

 

Demande aux Tibétains de cesser les auto-immolations : Nous devons préserver la vie malgré la terrible oppression

Traduction de “吁请藏人再勿自焚:压迫再大也要留住生命” par Tsering Woeser, 7 mars 2012

7 mars 2012

 Les nouvelles des auto-immolations de Tibétains nous parviennent les unes après les autres, jusqu’à atteindre le nombre de 26, nous laissant chaque fois désemparés.

La seizième auto-immolation fut celle de Sobha Rinpoché de Golok de la région d’Amdo, dont voici les derniers mots : « Tout comme le Bouddha qui a nourri le tigre avec sa vie, mes autres compatriotes tibétains se sont sacrifiés pareils à moi : pour la vérité et la liberté, ils ont donné leur vie pour la justice. »

Voilà une dévotion rare en ce monde! Assez pour exercer sur le peuple tibétain une influence durable et profonde : nous nous en souviendrons toujours.

 

L’auto-immolation exprime la volonté des Tibétains. 26 auto-immolations l’ont déjà pleinement exprimée. Mais notre but ultime n’est pas l’expression de la volonté, mais de faire de cette volonté une réalité.

Il n’y a que la vie qui puisse changer cette volonté en réalité. Si nous continuons à nous auto-immoler, alors chaque vie deviendra une perte irréparable.

Par conséquent, nous demandons qu’à partir de maintenant cessent les auto-immolations. Chaque Tibétain doit chérir la vie, et continuer résolument à vivre. Sous cette oppression redoublée, chacune de nos vies est importante, chacune doit être conservée. L’auto-immolation elle-même ne peut pas changer notre réalité, et les gens qui nous haïssent nous maudissent en privé : « le feu est la seule chose qu’ils méritent ». Changer la réalité, c’est s’appuyer sur nos vies pour lutter et perdurer. C’est en vivant que nous créons les gouttes d’eau qui se changeront en un océan d’efforts. C’est s’appuyer sur les millions de Tibétains qui sont encore vivants pour transmettre l’âme et le sang de notre peuple.

Nous faisons appel aux moines, aux aînés, aux intellectuels et au peuple de la terre du Tibet, nous vous demandons de protéger vos coreligionnaires, vos fidèles, vos villageois et vos parents, pour éviter que d’autres cas d’auto-immolation se reproduisent.

Nous demandons instamment aux organisations liées aux Tibet de se mettre en mouvement immédiatement et de faire de leur priorité les efforts visant à contenir l’expansion et l’accélération de l’actuelle vague d’auto-immolations.

Nous croyons : l’avenir des Tibétains n’est possible qu’en s’appuyant sur les Tibétains eux-mêmes!

Om Ma Ni Pe Me Hung!

Tsering Woeser(écrivain, Pékin)

Arjia Lobsang Tupten (Arjia Rinpoche,États-Unis)

Gade Tsering (poète, Amdo)

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Livres Editions GAT CONCEPT

 

NOUVEAUTÉ 

 

Les livres des Editions GAT CONCEPT sont en vente auprès de notre association.

Pour toute commande nous laisser un mail via le  formulaire contact  du blog.  

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Campagne de Parrainage de communes du Tibet

CAMPAGNE  PARRAINAGE DE COMMUNES DU TIBET :

  http://www.parrainages-villes-tibet.org/

 

Pour télécharger le dossier :

 

http://www.parrainages-villes-tibet.org/le-dossier-parrainages/

 

 

CAMPAGNE DE PARRAINAGE DE COMMUNES DU TIBET
PAR DES MUNICIPALITÉS EUROPEENNES

 

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ASSOCIATIONFRANCE-TIBET

Campagne« Parrainage de communes du Tibet »

13 le débucher 28260 ANET

Tél.06.75.66.24.51.

pascal.daut@live.fr

http://www.tibet.fr/pdf/Parrainage%20de%20communes%20du%20Tibet%20doc0.pdf

    

Liste des communes actualisée 

Campagne de “Parrainage de Communes du Tibet”
Objectif: Préserver le riche Héritage Culturel des Tibétains.

 

 

1-Salles Sur Garonne(31390) - Jean-Louis Halioua / Lhatse

2-Beckerich - Luxembourg- Camille Gira / Gyama 

3-Crest (26400)- Hervé Mariton / Lithang

4-Brouckerque(59630)- Jean-Pierre Decool / Siling

5-Bray-Dunes(59123)- Claude Marteel / Kardze 

6-Coudekerque-Branche(59210)- David Bailleul / Dhartsedo

7-Sisteron(04200) – Daniel Spagnou / Nyingtri 

8-Dieffenthal(67650) - Charles Andrea/ Jaqung

9-Pezens(11170)- Jean-Pierre Botsen / Dingri

10-Lugagnan(65100) - Jacques Garrot / Lhokha

11-Bourgtheroulde Infreville(27520) - Bruno Questel / Samye

12-Saint Laurent du Var(06700) - Henri Revel /Taktser

13-Divonne-Les-Bains(01220) - Etienne Blanc / Kyirong

14-L'Argentière-la-Bessée(05120) - JoëlGiraud/ Shethongmon

15-Lamothe-Goas(32500)- Alain Scudellaro / TsangLukner Shakar

16-St Genés Champanelle(63122) - Roger Gardes / Dromo

17-Festes et St André(11300) - Daniel Bord / Tadruk

18-Paris XI(75011) – Patrick Bloche / Lhassa

19–Manduel(30129) - Marie-Louise Sabatier/  Gyantse

20- Créon (33670) - Jean-Marie Darmian / Ruthok

21- Valouse (26110) - Patrick Liévaux / ShagRongpo

22- Plouray (56770) - Michel Morvant / Tsari 

23– Lans-en-Vercors (38250) - Jean-Paul Gouttenoire /Jomda

24– La Chapelle-Saint-Ursin (18570) - Yvon Beuchon/Sangchu-Labrang

25-Soulom(65260) - Xavier Macias / Chongye

26- Saint-Thomas-en-Royans (26190) – Christian Follut/ Jol

27-Merville(59660) - Jacques Parent /Dzogang

28- Mourenx (64150) - DavidHabib/ Tsona

29– Lavaur (81500) -BernardCarayon / Shigatse

30– Izeure (21110) -Catherine Lanterne /Yubeng

31-Artiguelouve(64230) -  Éline Gosset / Nyethang

32- Digne-Les-Bains(04000) - SergeGloaguen/Kumbum

33- Lavelanet-de-Comminges(31220) - Évelyne Delavergne / Narthang

34- Le Vigan (30120) - Eric Doulcier / Dergé

35– Bourbourg(59630)- FrancisBassemon / Shalu

36- Gensac-sur-Garonne(31310)- Henri Devic / Gadong

37- Bax(31310) - Philippe Bedel/ Rong

38- Carbonne(31390) - Guy Hellé/ Nagartse

39–Epinac(71360)- Jean-François Nicolas / Sakya

40– Amfreville-La-Mi-Voie(76920) – Luc Von Lennep / Phari

41- Le Cannet-des-Maures(83340) - Jean-Luc Longour / Gyatsa

42– Latrape(31310) - Jean-Louis Séguela / Riwoche

43– Sciez (74140) -Jean-LucBidal / Gyalthang

44– Widehem(62630) - Pierre Lequien / Taklung

45– Nieppe(59850) -MichelVandevoorde / Tsongdu(Nyalam)

46– Montbéliard(25200) - JacquesHélias / Kharta

47– Marzens(81500) -DidierJeanjean / Nagchu

48– Vitrolles(13127) - LoïcGachon / Tsethang-YumbuLakhang

49- Labastide-Saint-Georges(81500) - Jacques Juan / KhymZhi Shang

50– Bouchemaine(49080) - Anne-Sophie Hocquet de Lajartre / TashiDorje – Jhado/ Lac Namso

51–Ussel (46240)-Jean-Paul David / Rumbu

52-Sembrancher(1933) – Suisse- Bernard Giovanola / Rongbuk

53– Beurizot(21350) - Hugues Baudvin /Yerpa

54–Mailholas(31310)- Gérard Carrère / Dorjeling

55– Briançon(05100)- GérardFromm /Pelyul

56– Hondschoote(59122) - Hervé Saison / Markham

57– Aiguefonde(81200) – Vincent Garel / Nyemo

58– Vers sur Selle (80480)- Thierry Demoury / Dechen

59-Bennwihr (68690) – Richard Fuchs /Chamdo

60-– St Valéry sur Somme(80230)- Stéphane Haussoulier / Sera

61-Corby- Angleterre-JeanAddison / Rigul

62– Billere (64140)- Jean-Yves lalanne / Surmang

63-Marcq en Yvelines (78770)- Pierre Souin/ Drigung

 
De nombreuses autres Municipalités ont aussi été contactées par les Membres des Groupes Tibet du Parlement(189 députés) et du Sénat(67 sénateurs) et par la plupart des Membres des Groupes de Soutien au Tibet… Suite à cette mobilisation, nous espérons de nombreuses autres Municipalités !

 58 Associations Internationales de Soutien auTibet ont déjà adhéré à cette campagne;
Passeport Tibétain(Essert-90), Montagne du Bonheur(Paris-75), Briançon-05 Urgence-Tibet, France-Tibet
National, Collectif Tibet-Dunkerque(59), Maison des Himalayas(Gonnehem-62), France-Tibet-Île de la
réunion(974), Association Provence-Himalaya(Vitrolles-13), Nos Amis de l’Himalaya(Bordeaux-33), France-
Tibet / Nord-Pas de Calais(Lille-59), Aide et Espoir pour le Monde Tibétain(Amiens-80), SOS Tibet(Lyon-69),
Culture en Exil(Nantes-44), Lotus Himalaya(Maubeuge-59), Corse-Tibet(Porto Vecchio-20), Liberté au
Tibet(Sélestat-67), Objectif Tibet(Sciez-74), France-Tibet Maine/Anjou(Angers-49), Alliance Tibet-
Chine(Paris-75), Lions des Neiges(Lyon-69), Tibet-Languedoc(Nîmes-30), Drôme Ardèche – Tibet(Valence-
26), Jamtse Thundel(Gras-07), Tibet, Vallée de La dröme(Crest-07), ART (Aide aux Réfugiés
Tibétains)(Grenoble-38), Association des Elus Verts Pour le Tibet(Paris-75), Espoir pour le Tibet(Vannes-56),
Don et Action pour le Tibet(Yvry Sur Seine-94), Collectif Action-Tibet-vérité(Marzens-81), Institut Vajra
Yogini(Marzens-81)- Autodétermination Tibet(Rabat les Trois Seigneurs-09), Association Falun
Gong(Bordeaux-33), Rencontres Tibétaines(Toulouse-31), Matchik Labdreun(Marseille-13), Tibet-
Normandie(Rouen-76), APACT(Pau-64), Tutti Frutti International(Villeneuve d’Ascq-59), France-Tibet-Isère,
Association Amitié Suisse-Tibet(AAST), Gesellschaft Schweizerisch-Tibetische- (Suisse), Tibetet Support
Association - (Hongrie), Tibetan Programme of the Other Space Foundation - (Pologne), Casa del Tibet -
(Espagne), Svensk Tibet Komitten - (Suède), Tibet Support Group-Ireland., Les Amis du Tibet – Luxembourg,
Friends of Tibet India(Delhi), La Casa Del Tibet di Votigno di Canossa(Italy), Tibet Initiative Deutschland
e.v.(Germany), PTC – Pro Tibet Culture(Chili), Tibet Patria Libre(Uruguay), Casa Tibet Mexico(Mexico),
Ganasamannay, Kolkata(India), Costa Rica-Tibet(Costa-Rica), fundacion Tashi delek(spain), Kasakhstan-
Tibet(Kasakhstan), Panama-Tibet(Panama), Tibet-Thaïland(Thailand)


NB :Le travail engagé par notre ami Francis se poursuit : c'est Pascal Dautancourt qui se chargera désormais du suivi des demandes et propositions des communes.
N' hésitez pas à solliciter vos élus en ce sens... et à entrer en contact avec Pascal:

ASSOCIATION FRANCE-TIBET 
Campagne « Parrainage de communes du Tibet » 
13 le débucher 28260 ANET
Tél.             06.75.66.24.51      .
Pascal.dautancourt@gmail.com

 

 

La campagne de parrainage continue. N'hésitez pas à solliciter votre Maire et à nous contacter si besoin. 

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Association pour la défense des Droits du Peuple Tibétain

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On ne se sert jamais plus d'un drapeau

que quand un peuple est opprimé

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