Campement de Banspatan (Police indienne à L'arrière plan)
LA POLICE INDIENNE ARRETE 265 TIBETAINS MARCHANT VERS LE TIBET
La Marche venait juste de redémarrer après une situation de blocage de 13 jours alors que la Chine
prépare le passage au Tibet de la torche olympique.
Tenzin Tsundue
Texte original en anglais: Press Release: Marchers Arrested
*** Videos et photos des marcheurs téléchargeables sur http://drop.io/tpum0604
Diffusion immédiate
4 juin 2008
Contact: Tenzin Choedon (Anglais, Tibétain, Hindi): +91 975 696 9133
Pema Dorjee (Anglais, Tibétain, Hindi): +91 992 760 6204
Nainital - 259 marcheurs tibétains et six membres du comité d'organisation ont été arrêtés par la police après le redémarrage de la "Marche vers le Tibet", à l'issue de 13 jours de situation de blocage face à la police. Ils avaient couverts 16 kilomètres quand l'arrestation se produisit à Berinag, à environ 180 kilomètres de la frontière Indo-Tibétaine. Cinquante marcheurs, dont l'activiste leader Tenzin Tsundue et Shingza Rinpoche du Monastère de Sera, étaient restés quant à eux au campement de Banspatan (Etat d'Uttarakhand), déterminés à poursuivre leur route vers le Tibet dans l'hypothèse où leurs camarades de la Marche seraient arrêtés.
Les cinq présidents des ONGs(*) organisatrices de la Marche et l'un des coordinateurs sont toujours détenus à la prison de Roshanabad près de Haridwar.
"Alors que la Chine se prépare à faire parader sa torche olympique au Tibet dans une tentative évidente de légitimer sa mainmise sur le Tibet, la répression se développe toujours et aggrave encore les souffrances déjà endurées par le Peuple Tibétain sous l'occupation illégale exercée par le régime chinois," déclarait Lhakpa Tsering, l'un des marcheurs, en même temps un membre opérationnel de l'ONG Tibetan Youth Congress. "Mon seul objectif c'est d'atteindre le Tibet et de rejoindre mes frères et soeurs. Même si je ne peux réduire leurs souffrances, je peux au moins faire en sorte que le monde entier sache ce qu'ils sont obligés de subir actuellement."
Les marcheurs non-violents ont été arrêté cette après-midi juste après leur entrée dans la ville de Berinag, où un déploiement de police imposant les ont empêchés d'aller plus loin. Les marcheurs se sont immédiatement agrippés les uns aux autres et se sont assis pour former une chaîne humaine la plus résistante possible.
Ils chantaient des slogans réclamant le départ de la Chine du Tibet tout pendant l'intervention des policiers qui les transportaient dans sept autocars et trois jeeps. L'arrestation commença à 15h30 et dura une heure et demie.
On ne sait pas précisément où les marcheurs ont été emmenés.
Durant ces 13 derniers jours précédents, la police avaient fait obstruction sur le ravitaillement en nourriture des Tibétains et restreint les allers et venues sur le campement, pour isoler les marcheurs. Hier, la police avait bloqué un camion apportant de la nourriture aux marcheurs, à un checkpoint situé à Ganai Gangoli.
"En tant que réfugiés tibétains en Inde, c'est notre droit de retourner dans notre patrie," affirmait Tenzin Palkyi, un membre du comité organisateur. "En 1959, les Tibétains sont arrivés en Inde par cette route pour échapper aux persécutions chinoises. Aujourd'hui à nouveau, nous marchons sur cette même route mais dans l'autre sens pour rejoindre nos proches qui se soulèvent actuellement dans toutes les régions du Tibet pour protester contre l'occupation chinoise."
La ‘Marche vers le Tibet' est partie le 10 mars 2008 de Dharamshala (Himachal Pradesh), et a atteint Banspatan après avoir traversé de nombreux Etats Indiens. Au quatrième jour de la Marche, le premier groupe de 100 marcheurs a été arrêté, puis condamné à 14 jours de détention. Malgré tout, un second groupe de 48 exilés tibétains reprit la Marche deux jours après cette arrestation. Ce groupe fut rejoint par les premiers marcheurs après leur libération. Depuis lors la Marche a pris de l'ampleur jusqu'à compter environ 300 marcheurs tibétains.
Les Tibétains vivant en exil en Inde ont lancé la ‘Marche vers le Tibet' dans le cadre de la campagne "Tibetan People's Uprising Movement" (Mouvement de Soulèvement du Peuple Tibétain). Le même jour où la Marche s'élançait, des moines des monastères de Lhassa ainsi que dans l'Est du Tibet, menèrent des manifestations non-violentes, criant des slogans en faveur du Dalai Lama et de l'indépendance du Tibet.Les autorités chinoises ont alors violemment réprimé ces manifestations pourtant pacifiques qui se sont poursuivies pendant des jours (et qui ont toujours lieu aujourd'hui encore : témoignages sur le site du Centre Tibétain pour les Droits de l'Homme et la Démocratie www.TCHRD.org ), conduisant à des émeutes dans la capitale et à une immense vague de protestations populaires qui s'est propagée dans tout le pays.
La "Marche vers le Tibet" et le "Tibetan People's Uprising Movement" (Mouvement de Soulèvement du Peuple Tibétain) visent à raviver l'esprit du Soulèvement de la Nation Tibétaine en 1959, dans une démarche résolument non-violente, tournée vers l'action, afin d'arriver à mettre fin à l'occupation illégale du Tibet par la Chine.
(*) Tibetan Youth Congress, Tibetan Women's Association, GuChuSum, National Democratic Party of Tibet, Students for a Free Tibet - India.
Photo Phayul
de D. (Dharamsala)
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