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CAMPAGNE EN COURS PARRAINAGE DE COMMUNES DU TIBET :

Appel aux Communes de France et aux Associations

 

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copyright DA/FT

 

 

TÉLÉCHARGEZ LE DOSSIER COMPLET

 

 

 

CAMPAGNE DE PARRAINAGE DE COMMUNES DU TIBET
PAR DES MUNICIPALITÉS EUROPEENNES

Liste des communes actualisée - Avril 2012

Campagne de “Parrainage de Communes du Tibet”
Objectif: Préserver le riche Héritage Culturel des Tibétains.



1- Liste, au 7 avril 2012, des 50 Municipalités parrainant 50 Communes du Tibet


1- Salles Sur Garonne(31390) - Jean-Louis Halioua / Lhatse
2- Beckerich - Luxembourg - Camille Gira / Gyama
3- Crest (26400)- Hervé Mariton / Lithang
4- Brouckerque(59630)- Jean-Pierre Decool / Siling
5- Bray-Dunes(59123)- Claude Marteel / Kardze
6- Coudekerque-Branche(59210)- David Bailleul / Dhartsedo
7- Sisteron(04200) – Daniel Spagnou / Nyingtri
8- Dieffenthal(67650) - Charles Andrea/ Jaqung
9- Pezens(11170)- Jean-Pierre Botsen / Dingri
10- Lugagnan(65100) - Jacques Garrot / Lhokha
11- Bourgtheroulde Infreville(27520) - Bruno Questel / Samye
12- Saint Laurent du Var(06700) - Henri Revel /Taktser
13- Divonne-Les-Bains(01220) - Etienne Blanc / Kyirong
14- L'Argentière-la-Bessée(05120) - Joël Giraud/ Shethongmon
15- Lamothe-Goas(32500)- Alain Scudellaro / Tsang Lukner Shakar
16- St Genés Champanelle(63122) - Roger Gardes / Dromo
17- Festes et St André(11300) - Daniel Bord / Tadruk
18- Paris XI(75011) – Patrick Bloche / Lhassa
19 –Manduel(30129) - Marie-Louise Sabatier/ Gyantse
20 - Créon (33670) - Jean-Marie Darmian / Ruthok
21 - Valouse (26110) - Patrick Liévaux / Shag Rongpo
22 - Plouray (56770) - Michel Morvant / Tsari
23 – Lans-en-Vercors (38250) - Jean-Paul Gouttenoire / Jomda
24 – La Chapelle-Saint-Ursin (18570) - Yvon Beuchon/Sangchu-Labrang
25 - Soulom (65260) - Xavier Macias / Chongye
26 - Saint-Thomas-en-Royans (26190) – Christian Follut / Jol
27 - Merville (59660) - Jacques Parent /Dzogang
28 - Mourenx (64150) - David Habib/ Tsona
29 – Lavaur (81500) - Bernard Carayon / Shigatse
30 – Izeure (21110) - Catherine Lanterne / Yubeng
31 - Artiguelouve (64230) - Éline Gosset / Nyethang
32 - Digne-Les-Bains (04000) - Serge Gloaguen / Kumbum
33 - Lavelanet-de-Comminges(31220) - Évelyne Delavergne / Narthang
34 - Le Vigan (30120) - Eric Doulcier / Dergé
35 – Bourbourg(59630) - Francis Bassemon / Shalu
36 - Gensac-sur-Garonne(31310) - Henri Devic / Gadong
37 - Bax(31310) - Philippe Bedel / Rong
38 - Carbonne(31390) - Guy Hellé / Nagartse
39 – Epinac(71360) - Jean-François Nicolas / Sakya
40 – Amfreville-La-Mi-Voie(76920) – Luc Von Lennep / Phari
41 - Le Cannet-des-Maures(83340) - Jean-Luc Longour / Gyatsa
42 – Latrape(31310) - Jean-Louis Séguela / Riwoche
43 – Sciez (74140) - Jean-Luc Bidal / Gyalthang
44 – Widehem(62630) - Pierre Lequien / Taklung
45 – Nieppe(59850) - Michel Vandevoorde / Tsongdu(Nyalam)
46 – Montbéliard(25200) - Jacques Hélias / Kharta
47 – Marzens(81500) - Didier Jeanjean / Nagchu
48 – Vitrolles(13127) - Loïc Gachon / Tsethang -Yumbu Lakhang
49 - Labastide-Saint-Georges(81500) - Jacques Juan / en cours d’attribution
50 – Bouchemaine(49080) - Anne-Sophie Hocquet de Lajartre / Tashi Dorje – Jhado/ Lac Namso

 


2-Autres Municipalités ayant engagé le processus de Parrainage d’une Commune du Tibet.
*Nota Bene: Pour des raisons tactiques, toutes les Communes du Tibet déjà parrainées ou sur le point de l’être, ne seront pas proposées, une seconde fois, dans le même pays.

Grasse – 06130 / Darchen
Caen – 14000 / Kyegudo
Lieuche- 06260 / Phenpo
Essert – 90850 / Kharta
Villeneuve d’Ascq – 59650 / Ngaba
Douai – 59500/xxxx
Montluçon – 03106/xxxx
Zuydcoote – 59123 / Horchu
Téteghem - / Purang
Plumelec – 56420 - Léon GUYOT/ Tsona ou Langmusi


De nombreuses autres Municipalités ont aussi été contactées par les Membres des Groupes Tibet du Parlement(189 députés) et du Sénat(67 sénateurs) et par la plupart des Membres des Groupes de Soutien au Tibet… Suite à cette mobilisation, nous espérons de nombreuses autres Municipalités !

 

3- 58 Associations Internationales de Soutien auTibet ont déjà adhéré à cette campagne;
Passeport Tibétain(Essert-90), Montagne du Bonheur(Paris-75), Briançon-05 Urgence-Tibet, France-Tibet
National, Collectif Tibet-Dunkerque(59), Maison des Himalayas(Gonnehem-62), France-Tibet-Île de la
réunion(974), Association Provence-Himalaya(Vitrolles-13), Nos Amis de l’Himalaya(Bordeaux-33), France-
Tibet / Nord-Pas de Calais(Lille-59), Aide et Espoir pour le Monde Tibétain(Amiens-80), SOS Tibet(Lyon-69),
Culture en Exil(Nantes-44), Lotus Himalaya(Maubeuge-59), Corse-Tibet(Porto Vecchio-20), Liberté au
Tibet(Sélestat-67), Objectif Tibet(Sciez-74), France-Tibet Maine/Anjou(Angers-49), Alliance Tibet-
Chine(Paris-75), Lions des Neiges(Lyon-69), Tibet-Languedoc(Nîmes-30), Drôme Ardèche – Tibet(Valence-
26), Jamtse Thundel(Gras-07), Tibet, Vallée de La dröme(Crest-07), ART (Aide aux Réfugiés
Tibétains)(Grenoble-38), Association des Elus Verts Pour le Tibet(Paris-75), Espoir pour le Tibet(Vannes-56),
Don et Action pour le Tibet(Yvry Sur Seine-94), Collectif Action-Tibet-vérité(Marzens-81), Institut Vajra
Yogini(Marzens-81)- Autodétermination Tibet(Rabat les Trois Seigneurs-09), Association Falun
Gong(Bordeaux-33), Rencontres Tibétaines(Toulouse-31), Matchik Labdreun(Marseille-13), Tibet-
Normandie(Rouen-76), APACT(Pau-64), Tutti Frutti International(Villeneuve d’Ascq-59), France-Tibet-Isère,
Association Amitié Suisse-Tibet(AAST), Gesellschaft Schweizerisch-Tibetische- (Suisse), Tibetet Support
Association - (Hongrie), Tibetan Programme of the Other Space Foundation - (Pologne), Casa del Tibet -
(Espagne), Svensk Tibet Komitten - (Suède), Tibet Support Group-Ireland., Les Amis du Tibet – Luxembourg,
Friends of Tibet India(Delhi), La Casa Del Tibet di Votigno di Canossa(Italy), Tibet Initiative Deutschland
e.v.(Germany), PTC – Pro Tibet Culture(Chili), Tibet Patria Libre(Uruguay), Casa Tibet Mexico(Mexico),
Ganasamannay, Kolkata(India), Costa Rica-Tibet(Costa-Rica), fundacion Tashi delek(spain), Kasakhstan-
Tibet(Kasakhstan), Panama-Tibet(Panama), Tibet-Thaïland(Thailand)


Nota : Si votre Association souhaite rejoindre cette ambitieuse campagne, contactez-nous !
-> longavesnef@yahoo.fr       -> marcellerouxtibet@yahoo.fr

 

ASSOCIATION FRANCE-TIBET « Opération« Parrainage de Communes du Tibet »
408, Rue des Carliers - 59940 LE DOULIEU - Tel: 03 28 48 92 81- Fax: 03 28 49 35 72
Siège Social : FRANCE-TIBET – C/O Maison des Associations – BP 55 - 36200 ARGENTON/CREUSE

 

La campagne de parrainage continue. N'hésitez pas à solliciter votre Maire et à nous contacter si besoin. (FRANCE TIBET)

 

 


 

TIBET-INFO

 

lundi 16 avril 2012 par Monique Dorizon

Mardi 10 avril 2012, dans le Comté de Kardzé, région tibétaine du Kham, actuelle Province du Sichuan, les autorités chinoises ont confisqué des terres appartenant à un homme d’affaires tibétain, et l’ont arrêté plus tard, ainsi qu’un de ses parents, pour avoir posé des questions et fait appel contre la décision du gouvernement.
"Sonam Gonpo, un homme d’affaires de 48 ans, et son parent, Khedup, de la région de Lhopa, Comté de Kardzé, "Préfecture Autonome Tibétaine" de Kardzé, sont allés interroger les autorités locales après avoir appris que l’on construisait sur un terrain appartenant à Sonam Gonpo, mais ils ont été arrêtés par la police". "Les autorités ont refusé d’écouter, et au lieu de cela, un groupe de policiers est soudain apparu et a détenu Sonam Gonpo avec son beau-frère Khedup", a déclaré le moine en exil Pema Tsewang, citant des contacts dans la région.
Craignant de semblables confiscations de terre après cet incident, de nombreux Tibétains locaux, plusieurs centaines, dont l’épouse de Sonam Gonpo, ont organisé une manifestation condamnant l’action du gouvernement et demandant la restitution de la terre à son propriétaire.
Ils ont déclaré que "leur terre est leur seule source de revenu, sa confiscation équivaudrait à une condamnation à mort, et que la police chinoise devrait donc simplement leur tirer dessus là, maintenant", poursuit Pema Tsewang.
Les manifestants se sont couchés devant une excavatrice et des bulldozers. Des effectifs de police ont été demandés en renfort. La police chinoise les a menacés de conséquences désastreuses pour eux et a ensuite arrêté la femme de Sonam Gonpo et une autre femme tibétaine, Kelsang Sangay.
Comme ailleurs en Chine, toutes les terres des Préfectures de population tibétaine des provinces occidentales de la Chine, sont censées être détenues par l’Etat, a déclaré Robbie Barnett [1], spécialiste du Tibet à l’Université de Columbia à New-York.
"(Mais) les gens ont des droits d’utilisation, ce que nous, en Occident, considérerions comme un bail", a dit Robbie Barnett.
Et avant que la terre ne soit récupérée par l’Etat, les autorités qui prennent la terre "doivent avoir certaines raisons et donner des justifications, et elles doivent verser une indemnité".
Que Sonam Gonpo se soit vu offrir une compensation pour la terre prise n’est pas encore clair. Mais la saisie de terres sans qu’une telle offre ne soit faite, serait "inhabituelle" a déclaré Robbie Barnett.

Sonam Gonpo est le fils de Dorje Tashi et Choedon Dargyal (décédée). Il est originaire de la municipalité de Lhopa, Comté de Kardzé.
Pema Tsewang a signalé que, le 19 mars 2009, Sonam Gonpo avait été précédemment arrêté dans le Comté de Kardzé et avait été détenu pendant près de quatre mois, accusé d’avoir tenu un "discours pro-tibétain" et de propagation de "rumeurs". Il a été battu par la police et admis à l’hôpital du Comté de Kardzé.
Les autorités chinoises ont confisqué son camion, d’une valeur de 150 000 yuans (18 220 euros environ), et son stock de précieux "cordyceps sinensis" ("champignon chenille" utilisé depuis des milliers d’années en médecines tibétaine et chinoise).

Le 31 mars 2011, lorsque les autorités chinoises ont libéré de prison les moines Tenzin Nagdhup et Lobyang du monastère de Tsetsang, Comté de Kardzé, les Tibétains locaux les ont accueillis avec une grande réception. Les autorités ont accusé Sonam Gonpo et six autres personnes d’avoir organisé cette réception et les ont détenus pendant un mois.
Après sa libération, Sonam Gonpo avait été à nouveau arrêté et détenu pendant près d’un an.

Sources : Radio Free Asia, 12 avril 2012, Tibet Post International, 13 avril 2012.

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[1] Le Dr Robbie Barnett a écrit et publié de nombreux livres sur le Tibet moderne, incluant "Poisoned Arrow : The Secret Petition of the 10th Panchen Lama", "Leaders in Tibet : A Directory", "Cutting Off the Serpent’s Head : Tightening Control in Tibet 1994-1995", "Resistance and Reform in Tibet" (Indiana University Press, 1994), ou avec Steve Lehman et traduit en français "Les Tibétains en lutte pour leur survie" (Ed. Hoëbeke, sept. 1999).
Son dernier livre, "Lhasa : Streets with Memories" (Columbia University Press, 2006), analyse la géographie locale de la capitale du Tibet en tant que mémoire collective.
De 1987 à 1998, le Dr Barnett était le directeur du Tibet Information Network, un réseau de recherches et d’information indépendant sur le Tibet, basé à Londres. Il a également travaillé comme journaliste au South China Morning Post à Hong Kong, à la BBC, à l’Observer (Londres), The Independant (Londres) ...
Photo Columbia University

Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 16:31
- Publié dans : Général
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WOESER

 

Éradiquer l’éducation en langue tibétaine pour « préserver la stabilité »

 Je me souviens encore du 19 octobre de l’année dernière, à Regong dans la province d’Amdo, lorsque plusieurs milliers d’étudiants et de lycéens ont quitté leurs écoles, levant au bout de leurs bras de petits tableaux noirs, sur lesquels était inscrit en caractères tibétains : « Nous avons besoin des cours de Tibétain ». Par la suite, dans plusieurs endroits d’Amdo, des districts de Qinghai jusqu’aux districts du Gansu, d’innombrables jeunes ont mis en branle un mouvement pour la défense de leur langue maternelle. Même dans l’Université centrale des nationalités à Pékin, plusieurs étudiants tibétains ont élevé leur voix.

 Je me souviens qu’à cette époque, plus de 300 enseignants tibétains ont fait parvenir aux autorités régionales du Qinghai une lettre, leur demandant de soutenir que la langue d’enseignement des étudiants tibétains reste leur langue maternelle et d’abandonner l’application du principe « le mandarin comme langue principale, le tibétain comme langue auxiliaire, le mandarin comme langue d’enseignement et le mandarin comme langue de l’éducation préscolaire ». Des Tibétains ont quitté leur emploi de cadre du Parti, les éducateurs seniors ont également envoyé des déclarations d’opinion semblables au Bureau du Front uni et à d’autres grands départements.

 

Je me souviens que par la suite, le secrétaire du comité de la région du Qinghai déclara que la réforme de « l’éducation bilingue » se faisait en fonction des circonstances locales et qu’elle sera mise en œuvre progressivement, pour apaiser les inquiétudes du peuple. Les Tibétains naïfs furent convaincus que les paroles du secrétaire étaient d’une énorme importance, qu’elles ne pouvaient être une simple manigance pour gagner du temps.

 Mais à peine une année et demie plus tard, l’épée suspendue au dessus de la tête de l’éducation tibétaine s’abaissa encore. En mars de cette année, au moment du commencement du nouveau semestre scolaire, les jeunes des écoles tibétaines et minoritaires des provinces du Gansu et du Qinghai ont découvert que les livres spécialisés en langue tibétaine furent soudainement remplacés par des livres en mandarin. En d’autres termes, les écoles que fréquentent les enfants des paysans et des bergers sont passées d’une éducation bilingue à une éducation en mandarin. Quelles seront les conséquences d’un tel changement ?

 Le 3 mars, Tsering Kyi, en troisième année au lycée du conté de Maqu, en Amdo, s’est sacrifiée par immolation pour protester contre cette politique d’éducation. Depuis le 14 mars, dans les contés de Regong, Zeku, Gangcha, Tongde, des milliers de lycéens et enseignants des écoles sortent dans les rues, pour y crier les slogans suivants : « Égalité des peuples », « Égalité des langues », « Autonomie pour notre région ».

 Un enseignant de la région d’Amdo tint sur son blog ces propos sincères : « …même s’ils remplacent les livres en langue maternelle, il faudra remplacer tout le matériel pédagogique connexe, car il ne suffit pas de tirer sur les plantes pour les faire pousser, ce n’est pas ça l’éducation et ce n’est pas non plus un endroit où l’on doit démontrer sa volonté politique. Alors que les élèves ne maîtrisent pas encore l’utilisation et les changements du vocabulaire, de la syntaxe ou de la grammaire du mandarin, il faudra soudainement qu’ils assimilent une énorme quantité de termes spécialisés techniques, mathématiques et scientifiques dans ce nouveau semestre. C’est extrêmement difficile et les efforts et le temps ainsi dépensé ne valent pas d’utiliser leur langue maternelle pour se familiariser avec les nouveaux sujets, ainsi hausser l’efficacité de l’apprentissage. C’est une règle et un principe de base de la science pédagogique, sans aucun lien avec la conscience nationale et encore moins avec ces magnanimes qui se reconnaissent en elle, aucun individu ou peuple ne devrait politiser la question de la langue maternelle, il s’agit d’un héritage de l’écologie naturelle de la culture humaine, une chose naturelle qui n’a besoin d’aucune idéologie. Mais il y a encore quelques dirigeants de quelques départements qui encore une fois cherchent à traiter cette question sur le plan d’une opposition idéologique. Pourquoi laissons-nous ces enfants marcher année après année pour leur langue maternelle ? Préserver la stabilité c’est préserver la situation d’ensemble et le peuple fait partie de la stabilité de l’environnement naturel, mais si nous ne sommes même pas capables d’apaiser les cœurs de nos élèves, alors quel peut être notre apport pour le maintien de la stabilité dans les districts tibétains ? »

 En fait, ce n’est pas que quelques dirigeants ne comprennent pas cette vérité. La raison pour laquelle on brandit encore une fois le couteau de boucher au dessus de l’éducation tibétaine n’est pas uniquement que les autorités locales cherchent à implanter l’unité culturelle, car il serait plus simple de couper toutes les langues qui parlent d’autres langages que le mandarin. Dans le résumé de la politique de l’éducation de la province du Qinghai, on peut voir qu’elle est considérée comme une « importante tâche politique » pour l’avenir des districts tibétains, révélant l’une des conclusions de la réflexion des autorités locales suite aux émeutes tibétaines de 2008 : pour tenter de préserver la stabilité, il faudra exterminer jusqu’aux racines toute forme d’éducation en langue tibétaine.

 Quoi qu’il en soit, l’époque d’aujourd’hui n’est pas celle où, quelques centaines d’années auparavant, les colons espagnols ont pris possession de la terre des Mayas, détruisant complètement la langue des autochtones. Quoi qu’il en soit, l’époque d’aujourd’hui n’est pas non plus celle de la révolution culturelle d’il y a quelques dizaines d’années, où à travers le Tibet fut interdite toute éducation en langue tibétaine, l’époque où les Tibétains comme moi perdirent l’usage de leur langue maternelle. Notre époque, c’est celle de Tsering Kyi, une lycéenne de 19 ans qui, pour protéger sa langue maternelle, a transformé sa vie en un brasier, une flamme qui ne s’éteindra jamais.

20 mars 2012

Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 14:08
- Publié dans : Woeser
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« Les rayons de la liberté viendront éclairer cette terre d’espoir »

Traduction de “自由的光芒来照亮这希望的大地”

Le 26 mars, une autre nouvelle de l’immolation d’un Tibétain nous est parvenue. Il s’agit d’un jeune tibétain du Kham, Jampa Yeshi, ayant quitté sa maison dans le Dawu pour fuir en Inde. À l’époque, lorsqu’il quitta ses parents, il n’avait que 20 ans. Il s’est immolé à New Delhi, où plusieurs centaines de Tibétains en exil protestaient contre la venue officielle en Inde du chef d’État chinois Hu Jintao, voilà pourquoi des images et des enregistrements de la scène ont rapidement fait le tour du monde. Certains ont surnommé l’immolé Jampa Yeshi de « torche humaine des droits de l’homme », utilisant le feu de son corps pour illuminer les ténèbres actuelles de notre monde.

 

Très tard cette même journée, j’ai reçu une lettre. Même si je n’ai jamais rencontré l’homme qui l’a écrite, son nom m’a immédiatement rappelé avril 2008, il y a 4 ans : voyant que plusieurs Tibétains furent emprisonnés à la suite des manifestations de mars, plus de 20 avocats chinois ont signé un appel sur internet, se disant prêts à assurer la représentation légale, la défense et les autres services juridiques pour ces Tibétains emprisonnés. En raison de cette déclaration, tous ces avocats furent sévèrement réprimandés, interdits d’entrer dans les zones tibétaines et de s’occuper des dossiers légaux tibétains, certains virent même leurs certifications légales annulées. Et parmi ces avocats se trouvait le nom de l’homme qui m’a écrit lors de cette soirée.

Après avoir lu sa lettre, j’ai voulu la transmettre au service en langue tibétaine de la Radio Free Asia, car ainsi énormément de Tibétains pourront l’entendre. Et j’espère que plusieurs Han pourront également la lire. Cette lettre va ainsi :

Je suis Tang Jingling, un ami virtuel, je suis un avocat de la Chine continentale qui, pour avoir voulu lutter pour la liberté et les droits civiques, a perdu son permis d’avocat. Je consacre encore tous mes efforts à faire avancer la cause de la liberté et des droits du peuple de Chine à l’aide de mouvement de non-collaboration civique. Depuis longtemps, j’accorde beaucoup d’attention aux évènements en terre tibétaine, où depuis plus d’une année, 30 garçons et filles du Tibet, purs, sans peur et pieux, ont sacrifié leur précieuse vie pour la liberté et le respect ! Moi et mes amis discutons souvent de ces évènements. Je ne peux pas me taire. Selon mes maigres connaissances en histoire, il s’agit véritablement d’un énorme sacrifice sans pareil dans l’histoire de l’humanité ! Le 24 mars au soir, moi et quelques amis avons encore discuté de ces évènements, et ne pouvant m’endormir par la suite, je me suis levé pour écrire un poème que je désire offrir à ces grands martyrs du peuple tibétain.

Face à un tel sacrifice, j’ai ressenti une profonde honte. Ces quelques mots un peu simples ne pourront jamais égaler la belle magnitude de leur vie, mais c’est un cri de mon âme que je ne peux contenir.

J’ai encore une demande. Si vous le souhaitez, j’espère sincèrement que vous pourrez traduire cette lettre et ces vers en langue tibétaine, les présenter aux Tibétains qui luttent pour la justice et la liberté, ainsi qu’à tous ceux qui luttent aux côtés du peuple tibétain.

L’avocat Tang Jingling envoya avec sa lettre les vers suivants, qui s’intitulent « Trente étoiles filantes ont passés » :

Des nuées s’avancent sur le plateau enneigé du Tibet
La terre est silencieuse et toute chose se tait
Regarde, la vie brûle tel un flambeau allumé
Une étoile filante traverse le ciel
Trente âmes de noblesse et pureté
Se sont offertes en sacrifice
Sur l’autel de la liberté

La terre brûlée et asséchée par les flammes de l’enfer
Où est le salut pour l’âme engourdie qui se perd ?
Regarde, la vie brûle tel un flambeau allumé
Une étoile filante traverse le ciel
Trente âmes de noblesse et pureté
Se sont offertes en sacrifice
Sur l’autel de la liberté

Y-a-t-il encore des larmes dans tes yeux fanés ?
Dans ta gorge, le début de l’ultime soupir enfermé
Regarde, la vie brûle tel un flambeau allumé
Une étoile filante traverse le ciel
Trente âmes de noblesse et pureté
Se sont offertes en sacrifice
Sur l’autel de la liberté

Une étoile filante traverse le ciel
Perce la nuit mortelle dans le noir
Les rayons de la liberté viendront éclairer cette terre d’espoir

Sur ce, je remercie Tang Jingling pour sa lettre et ses vers qu’il offre au peuple tibétain. Même si nous savons tous que les Chinois dans son genre sont très peu nombreux. Comme un ami le disait sur Tweeter : « Les immolations des Tibétains sont très étranges pour la plupart des Han, plusieurs ne croient pas à leur authenticité, parmi ceux-ci se trouvent même des gens à l’esprit très ouvert, un de mes camarades de classe est de cet avis. Ce genre de phénomène est le résultat du blocus que le Parti communiste exerce sur l’information, mais un facteur plus important encore est, je crois, les conséquences de l’éducation de lavage de cerveau, plusieurs années de ce genre d’éducation créent chez les personnes une inertie de la pensée, rendant impossible de concevoir l’idée que le Parti communiste soit aussi malade et pourri »

Le présent est si tragique, voilà pourquoi cette lettre et ces vers revêtent un sens si particulier, en nous permettant de garder espoir en l’avenir.

28 mars 2012

Mercredi 11 avril 2012 3 11 /04 /Avr /2012 18:48
- Publié dans : Woeser
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WOESER

 

Voici une biographie mise à jour de Tsering Woeser :

Tsering Woeser (née en 1966, à Lhassa) est une écrivaine d’origine tibétaine dont les livres et nombreux articles offrent des perspectives uniques sur les complexités du Tibet d’aujourd’hui. Fille de deux membres du Parti communiste, son père était d’ailleurs officier dans l’Armée populaire de Libération, Woeser a fait ses études en mandarin, langue dans laquelle elle écrit poésie, reportages et récits. Elle est mariée à l’écrivain et militant chinois Wang Lixiong, connu pour ses prises de positions politiques et pour son roman « Péril jaune » (1991).

 Après des études littéraires à l’Université des nationalités du sud-ouest dans la capitale du Sichuan (Chengdu), elle fut affectée à Lhassa en tant que rédactrice de la revue de littérature tibétaine et commença à découvrir son véritable patrimoine. Dans « Le Tibet au-dessus » (1999), Woeser publie des poèmes qui explorent son identité tibétaine. Son second livre, « Notes sur le Tibet » (2003), traite plus directement et de façon critique des questions culturelles et politiques à travers des portraits de la vie des Tibétains. Ce livre fut interdit, Woeser perdu son emploi et toutes ses prestations sociales, mais se résolut à utiliser ses mots comme arme afin de mettre par écrit le passé et le présent du Tibet.

 S’installant dans l’anonymat de Pékin en 2003, elle utilise l’Internet pour publier des commentaires de plus en plus explicites sur l’arrestation et la torture des Tibétains, les qualités littéraires attrayantes de son écriture transmettant son message d’autant plus efficacement. La préoccupation et l’engagement de Woeser envers l’avenir de la culture tibétaine l’amenèrent à toucher des questions aussi variées que la peinture, les cérémonies bouddhistes, les questions environnementales et économiques, le cinéma et la littérature contemporaine, et à mener des recherches exhaustives pour publier des livres révolutionnaires, tels que « La mémoire interdite : le Tibet pendant la Révolution culturelle » (2006), qui combine des photographies prises par son père lors de cette période sombre avec des témoignages de participants qu’elle recueillit par des entrevues.

 Au cours des manifestations de masse contre la domination chinoise et la répression violente de 2008, le blog de Woeser devint la principale source d’information pour plusieurs médias et amis du Tibet à travers le monde. Diffusant les informations de ses contacts au Tibet, elle publia des rapports quotidiens sur les manifestations, les violations des droits de l’homme et les exécutions extrajudiciaires. En décembre 2008, elle fut parmi les signataires originaux de la Charte 08. Elle prit également position contre les emprisonnements d’intellectuels ouïghours lors des émeutes de 2009. Conséquences de ses engagements politiques, Woeser fut mise en détention à domicile et harcelée par les policiers, ses sites furent fermés, ses mouvements sont limités, on lui interdit de quitter la Chine et elle reste sous surveillance constante de la part des autorités. Malgré tout, elle continue à écrire sur les questions sensibles qui touchent le Tibet de l’intérieur même de la Chine.

 Ces dernières années, sa contribution à la culture tibétaine et son énorme courage furent reconnus et récompensés par plusieurs organisations à l’extérieur de la Chine. Elle fut honorée par plusieurs prix internationaux, dont le Prix du Norwegian Authors Union (2007), le prix pour la liberté d’expression de l’Association des journalistes tibétains en exil, le Courage in Journalism Awards de la fondation International Women’s Media Foundation (2010) et le Prix du Prince Claus (2011)

 Woeser a fait preuve d’un courage qui l’honore, en parlant pour ceux qui sont réduits au silence et opprimés, par sa combinaison irrésistible d’excellence littéraire et de reportage politique, par la sauvegarde, la diffusion et son soutien à la culture tibétaine et par son engagement actif envers l’autodétermination, la liberté et le développement du Tibet.

Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 20:52
- Publié dans : Woeser
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Tibet-info.net

dimanche 8 avril 2012 par Rédaction , Monique Dorizon

Mardi 3 avril 2012, les autorités chinoises du Tibet ont libéré des centaines de pèlerins en détention depuis plus de deux mois après leur retour des enseignements religieux donnés en Inde par le Dalaï Lama. [1]

Ceux qui ont été libérés sont les derniers d’un groupe qui avait été détenu à Lhassa. Cependant, un groupe d’environ 200 personnes, détenu à Lhoka [2], en dehors de Lhassa, est toujours détenu.

Dans un geste surprenant, la Chine avait permis à environ 9 000 Tibétains de se rendre en janvier en Inde pour prendre part aux enseignements de Kalachakra donnés par le Dalaï Lama dans la ville indienne de Bodhgaya pendant 10 jours. [3]
À leur retour, cependant, les Tibétains des régions orientales du Kham et de l’Amdo avaient été immédiatement arrêtés, interrogés et renvoyés chez eux en train, tandis que les pèlerins revenant dans et autour de Lhassa avaient été placés dans des hôtels et autres centres de détention pour "rééducation politique". Leurs passeports ont été saisis, et ils ont été forcés d’écrire des "confessions", selon les proches de certains détenus.

Les pèlerins détenus à Lhassa sont maintenant tous libérés, selon une source locale écrivant en tibétain sur un microblog.
"Ces Tibétains détenus après leur retour de l’Inde et du Népal après avoir reçu les enseignements de Kalachakra à Bodhgaya ont été libérés aujourd’hui 3 avril 2012, dans le courant de l’après-midi", précise le message.

Les personnes âgées parmi les pèlerins détenus à Lhassa avaient déjà été libérées plus tôt, avec un groupe de personnes âgées de 70 ans et plus, libéré en premier, suivi plus tard par ceux de 65 ans et plus, raconte une source de l’intérieur du Tibet, parlant sous condition d’anonymat.
"Cependant, les personnes âgées qui ont été libérées plus tôt ont été limitées dans leurs mouvements après le retour dans leurs foyers", ajoute cette même source. "Beaucoup de ces pèlerins âgés se sont évanouis, et quelques-uns sont morts, quand ils ont été soumis à des séances de rééducation au cours de leur détention".
Des sessions ont été organisées autour de certains points décrits dans un document intitulé : "Informations sur les règles et l’éducation" comprenant des sujets tels que les vues de la Chine sur "la pratique normale du bouddhisme tibétain" et les "mensonges et tromperies" du Dalaï Lama vilipendé comme un séparatiste par les responsables chinois.

"Dans la seule région de Lhassa, sept à huit de ces classes ont été organisées dans les camps de l’armée, les écoles, et les hôtels", a déclaré Woeser, bloggeuse et écrivaine tibétaine dans un rapport diffusé par Radio Free Asia le 17 mars.
"Ceux qui ont été détenus appartenaient à différentes catégories de la société tibétaine. Certains étaient des employés du gouvernement, certains des retraités du gouvernement, des hommes d’affaires, des agriculteurs, et ainsi de suite", a déclaré Woeser.

Les employés du gouvernement et les membres du Parti ayant voyagé en Inde ont fait l’objet d’une attention toute particulière.
"Pendant le Nouvel an tibétain, les Tibétains qui étaient membres du Parti communiste et les employés du gouvernement étaient toujours en détention tandis que d’autres dans la région de Lhassa avaient été autorisés à rentrer chez eux pour quelques jours", rapporte une source tibétaine.
"Même ceux qui avaient été autorisés à rentrer ont dû revenir le 28 février afin de poursuivre leurs cours de « rééducation »".

Source : Radio Free Asia, 3 avril 2012.

Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 11:14
- Publié dans : Général
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